Affaire Fiona: Cécile Bourgeon a fait l’objet d’un signalement en prison pour «risque suicidaire»

INFO «20 MINUTES» La mère de Fiona qui doit être jugée en appel, à partir du 29 janvier, a rédigé un courrier dans lequel elle indiquait vouloir « rejoindre » sa fille…

Vincent Vantighem

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Riom (Puy-de-Dôme), le 5 septembre 2016. Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, arrive à la cour d'assises où est jugé l'homme qui l'a violée en 2012.
Riom (Puy-de-Dôme), le 5 septembre 2016. Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, arrive à la cour d'assises où est jugé l'homme qui l'a violée en 2012. — Thierry Zoccolan / AFP
  • Cécile Bourgeon doit être jugée en appel, le 29 janvier, pour la mort de Fiona.
  • Elle a fait l’objet d’un signalement pour « risque suicidaire » en décembre.
  • Son avocat assure qu’elle est « très angoissée » à l’idée de son procès.
  • Elle avait déjà été hospitalisée pour cette raison en août 2017.

Elle voulait adresser son courrier « au paradis » en le confiant aux bons soins « des anges ». Selon nos informations, Cécile Bourgeon, la mère de la petite Fiona, a fait l’objet d’un signalement de l’administration pénitentiaire pour un risque suicidaire au début du mois de décembre après avoir écrit, dans sa cellule, un courrier dans lequel elle indiquait vouloir « rejoindre » sa fille.

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« Un signalement a bien été effectué, confirme Renaud Portejoie, son avocat. Elle a ensuite été brièvement placée en Unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA). Mais je ne la trouve toujours pas très bien aujourd’hui… » Accusée de violences volontaires ayant entraîné la mort de Fiona sans intention de la donner, Cécile Bourgeon doit être jugée en appel, au Puy-en-Velay (Haute-Loire), à partir du 29 janvier.

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« Elle s’est cogné la tête volontairement contre le mur »

Acquittée des faits criminels et condamnée, en première instance, à cinq ans de prison pour des délits parmi lesquels la non-assistance à personne en danger, Cécile Bourgeon est actuellement incarcérée à la prison de Lyon-Corbas (Rhône) dans l’attente de ce procès en appel. C’est dans cet établissement qu’une surveillante a signalé son « risque suicidaire » après avoir découvert, le 2 décembre, une « lettre, adressée à sa fille, dans laquelle elle exprime clairement sa volonté de vouloir mettre fin à ses jours. »

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Interrogée par l’administration pénitentiaire, sa codétenue a confirmé le risque : « Elle voulait adresser cette lettre au paradis et je lui ai dit que c’était impossible. Mais elle maintenait qu’elle voulait envoyer la lettre avec les anges… » Avisée par l’infirmier de la prison de son placement en cellule d’urgence, Cécile Bourgeon a, alors, vivement protesté. « Elle s’est cogné volontairement la tête contre le mur (…) et s’est asséné elle-même de légers coups au visage sans gravité », indique le rapport de l’administration pénitentiaire que 20 Minutes a pu consulter.

« Elle est angoissée à l’idée de ce nouveau procès »

Ce n’est pas la première fois que la mère de Fiona fait l’objet d’un tel signalement. Au début du mois d’août 2017, elle avait déjà été placée en unité hospitalière après avoir indiqué aux surveillants qu’elle venait d’avaler une centaine de médicaments, sans que ces jours ne soient en danger. Son avocat avait alors expliqué qu’elle supportait « de moins en moins » la détention.

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Dans son rapport de décembre, le directeur de la maison d’arrêt de Lyon-Corbas précise toutefois, à ce propos, que « sa situation en détention n’a pas entraîné de violences, de brimades et ne [l’]empêche pas d’investir son temps par des activités. »

« Mais elle est angoissée à l’idée de ce nouveau procès, précise Renaud Portejoie. A chaque fois, c’est une épreuve pour elle. » Rejugée fin janvier avec son ancien compagnon, Berkane Makhlouf, Cécile Bourgeon encourt, comme lui, une peine de trente ans de réclusion criminelle. Le corps de sa fille, disparue en 2013 à l’âge de 5 ans, n’a jamais été retrouvé, empêchant les enquêteurs de connaître les causes exactes de sa mort.