VIDEO. Abandon de Notre-Dame-des-Landes: Et si l’aéroport de Rennes était le grand gagnant?

TRANSPORTS Le Premier ministre a annoncé un agrandissement de l’équipement breton...

J. Gicquel et C. Allain

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L'aéroport de Rennes  Saint-Jacques pourrait être agrandi selon le Premier ministre Edouard Philippe.
L'aéroport de Rennes Saint-Jacques pourrait être agrandi selon le Premier ministre Edouard Philippe. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Edouard Philippe mise aussi sur Rennes. Lors de son discours annonçant l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le Premier ministre a évoqué les travaux pour agrandir Nantes-Atlantique, mais a également abordé l’avenir de la plate-forme de Rennes. « Nous accompagnerons le développement de Rennes Saint-Jacques, en commençant par l’agrandissement de l’aérogare de Rennes pour mieux répartir le trafic du Grand Ouest », a déclaré l’ancien maire du Havre.

Jamais vraiment inclus dans la réflexion, l’aéroport de Rennes Saint-Jacques pourrait finalement être le grand gagnant de cet abandon. Géré à 51 % par la CCI d’Ille-et-Vilaine et à 49 % par Vinci mais propriété de la région, l’équipement devrait être réaménagé, à en croire Edouard Philippe. « L’État travaillera avec la région Bretagne si elle le souhaite », a-t-il déclaré.

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« Nous n’avons pas attendu le Premier ministre pour s’occuper de l’avenir de l’aéroport de Rennes », a réagi Gérard Lahellec, vice-président de la région Bretagne chargé des transports. Un resurfaçage de la piste d’atterrissage est d’ailleurs prévu dès l’an prochain pour un montant de quatre millions d’euros ainsi qu’un agrandissement des parkings, arrivés à saturation. L’aérogare avait été rénovée en 2014. « Mais cela ne résout en rien la question de la périphéricité du Grand Ouest », assure Emmanuel Thaunier, président de la CCI d’Ille-et-Vilaine.

Des records de fréquentation sans cesse battus

Longtemps sous utilisé, l’aéroport rennais est en pleine croissance et bat chaque année son record de fréquentation. En 2017, 725.000 voyageurs sont passés par Rennes, soit presque 100.000 de plus qu’en 2016. Il y a cinq ans, le nombre de passagers ne dépassait pas les 450.000. « Rennes est une belle endormie », déclarait récemment François Bacchetta, directeur général d’EasyJet France.

La compagnie low-cost est la dernière en date à avoir posé un pied dans la capitale bretonne avec l’ouverture d’une ligne vers Lyon. Laissée de côté pendant des années, la capitale bretonne avait d’abord séduit Vueling en 2013. Le succès de la liaison avec Barcelone avait semble-t-il convaincu d’autres opérateurs d’investir le tarmac breton, comme Iberia Express ou Flybe. Présente sur les vols domestiques, la compagnie Air France avait aussi ouvert la voie à l’un des plus grands hubs européens en reliant Amsterdam début 2016.

Un effort sur le rail ?

Pour le Premier ministre, les aéroports de Rennes et Nantes n’auront pas vocation à proposer des destinations internationales. « Pour les longs courriers, l’enjeu pour les habitants du grand Ouest est de rallier plus rapidement les grands aéroports parisiens ». Le Premier ministre a promis des liaisons ferroviaires « fluidifiées et multipliées » vers les aéroports de la capitale. « Edouard Philippe invite donc les Bretons à aller à Roissy », ironise Gérard Lahellec.