Nord: Faute de mieux, les mineurs isolés hébergés en urgence

IMMIGRATION Face au nombre de demandes d’hébergement de mineurs non accompagnés, le département a réquisitionné trois centres d’accueil temporaires…

Mikael Libert

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Les départements souhaitent que l'Etat s'occupe des mineurs étrangers isolés (illustration).
Les départements souhaitent que l'Etat s'occupe des mineurs étrangers isolés (illustration). — I.Serro / SIPA
  • Des hébergements d’urgence ont été mis en place pour les mineurs isolés.
  • A Lille, les anciens locaux de Sciences Po abritent 60 jeunes garçons.
  • Ces places fermeront le 15 mars, à la fin de la trêve hivernale.

La question des mineurs non accompagnés (MNA) fait grincer des dents les présidents de départements qui, au travers de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), doivent prendre en charge ces jeunes jusqu’à leur majorité. Dans le Nord, suspendu à une éventuelle réforme de la prise en charge des MNA et faute de place dans les foyers de l’ASE, le président du département à ouvert trois centres temporaires pendant l’hiver. Et après…

Pas assez de places pérennes

« Nous avons 900 places pérennes pour les MNA, assure Jean-René Lecerf, président du département du Nord. Et malgré cela, ce sont près de 200 mineurs que nous ne pouvons pas accueillir. Pour certains, qui sont allés en justice, nous devons payer des astreintes de 500 euros par jour ».

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Au début de l’hiver, l’élu a dégoté 150 places supplémentaires, dans une salle de sport à Dunkerque et un local à Morbecque. A Lille, Martine Aubry a ouvert les portes de l’ancienne école de Sciences Po. « Nous y accueillons 60 garçons dans des locaux adaptés après quelques travaux, explique Vincent Logez de l’Alefpa, qui gère le centre. Ça se passe bien, nous en sommes à finaliser leur bilan de santé et leurs envies pour l’avenir ».

Que l’Etat prenne la relève

Ces places vont fermer le 15 mars. Après, le département espère que l’Etat prendra la relève. « Nous cherchons des solutions pérennes comme la caserne Vandamme, à Lille, qui ne sert plus à grand-chose. Mais le nombre d’arrivées de MNA double chaque année, s’il ne se passe rien, nous ne pourrons plus faire face », martèle-t-il.

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En juillet dernier, le président Macron parlait de « revoir complètement l’accueil de ces mineurs […] qui représentent une charge croissante pour les conseils départementaux. » Le président du département du Nord attendait, sans trop y croire, des annonces début janvier. Et justement, mardi, Emmanuel Macron, était en déplacement à Calais pour y présenter les grandes lignes de sa politique migratoire. Sauf que sur les mineurs isolés, rien de neuf.