A Calais, Emmanuel Macron a eu «un débat franc et sans tabou» avec les migrants et les associations

IMMIGRATION Le président de la République prévient qu’il n’est pas question d’avoir une nouvelle « Jungle » à proximité de la ville…

N.R. avec AFP

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Emmanuel Macron dialogue avec Ahmed Adam, réfugié originaire du Soudan, le 16 février 2018.
Emmanuel Macron dialogue avec Ahmed Adam, réfugié originaire du Soudan, le 16 février 2018. — Michel Spingler-POOL/SIPA
  • Emmanuel Macron était en déplacement à Calais mardi. 
  • Il a dénoncé les « contre-vérités » sur les agissements présumés des forces de l'ordre contre les migrants. 
  • Il a également annoncé que l'Etat allait prendre en charge la distribution de nourriture. 

Rassurer les forces de l’ordre et les habitants de Calais, tout en évitant d’ignorer complètement les migrants. Emmanuel Macron a joué le rôle de l’équilibriste ce mardi à Calais. Lors de son déplacement pour défendre sa politique migratoire, le chef de l’Etat a voulu rappeler chacun à ses responsabilités.

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S’adressant aux forces de l’ordre, Emmanuel Macron a d’abord rappelé qu'« aucun manquement à la déontologie ne sera toléré », et que des sanctions seraient prises le cas échéant. Mais, en même temps, il a dénoncé les « contre-vérités » sur des comportements supposés des policiers et gendarmes à Calais : « Je ne peux pas laisser accréditer l’idée que les forces de l’ordre exercent des violences physiques ou confisquent les effets personnels » des migrants a-t-il lancé.

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Un « mensonge » qui nuit à « l’efficacité collective »

Le président de la République s’est ensuite montré ferme vis-à-vis des associations qui aident les migrants. Les structures qui « encouragent ces femmes et ces hommes à rester, à s’installer dans l’illégalité, voire à passer » en Grande-Bretagne « prennent une responsabilité immense » et « jamais elles n’auront l’Etat à leurs côtés », a-t-il affirmé.

« A chaque fois qu’une personne est identifiée, une proposition systématique de mise à l’abri lui est faite » mais « à chaque fois qu’on lui dit qu’elle sera emmenée à la police on lui ment », et « c’est ce mensonge diffusé par de trop nombreux » acteurs « qui nuit à notre efficacité collective », a-t-il dit.

Pas de nouvelle « Jungle »

En fin de journée, il a eu «un débat franc et sans tabou» avec plusieurs associations locales, dont trois avaient décliné l'invitation, qui l'ont appelé à privilégier «la dignité» des migrants, selon l'un des responsables. Elles ont salué son annonce que l'Etat allait «prendre en charge» la distribution de repas aux migrants de Calais, un service fourni aujourd'hui par les associations. Mais certaines d'entre elles ont vertement dénoncé la politique migratoire du gouvernement. Mais le président français a prévenu: « En aucun cas nous ne laisserons se reconstituer une Jungle » à Calais.

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