Pacs, mariage, concubinage: A chaque région, son type d'union

FAMILLE La répartition des types d’unions diffère selon les territoires, selon le « Bilan démographique 2017 » publié ce mardi par l’Insee…

Delphine Bancaud

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Une photo de mariage
Une photo de mariage — Pixabay/Ericaza1215
  • L'Insee a publié ce mardi son «Bilan démographique 2017»
  • Les mariages sont plus présents dans l'Est du territoire.
  • C'est dans l'Ouest et le Sud-Ouest que la proportion de couples pacsés est la plus élevée. 

​Mariage, pacs ou concubinage ? Parmi les 30 millions de personnes vivant en couple en 2016, les choix d’union diffèrent. Et pour la première fois, l’Insee via une étude publiée ce mardi, montre qu’il existe bien des différences régionales sur le sujet.

Si le mariage reste la forme d’union la plus répandue en France (72 % des couples vivent sous ce régime), il n’a pas la même vigueur sur tout le territoire. Les départements où il est choisi le plus fréquemment par les couples sont la Moselle et le Haut-Rhin (77 %) et la Loire (77 %). Le mariage est également plus présent en Seine-Saint-Denis ou dans les Yvelines.

On se pacse plus à l’Ouest

De son côté, si le Pacs concernait 7 % des couples résidant sous le même toit en 2016, force est de constater qu’il est plus répandu dans le Sud-Ouest et sur la façade atlantique. En Ille-et-Vilaine, 10 % des couples sont ainsi pacsés, en Haute-Garonne, 9 % et en Loire-Atlantique, 10 %. « Le pacs a connu un essor important en France depuis 2000 alors que le nombre de mariage a diminué. Ce dernier a perdu son caractère universel », commente Laurent Toulemon, chercheur à l’Ined.

Quant à l’union libre, qui séduit 21 % des couples français, elle est très en vogue à Paris (25 % des couples vivent ainsi), en Corse du Sud, dans les départements d’outre-mer (54 % en Guadeloupe et 51 % en Guyane) et dans le nord de la France (24 % dans la Somme et Aisne).

Le pacs, un mode d’union choisi par les jeunes

Des tropismes régionaux qui « s’expliquent par les caractéristiques sociodémographiques de la population locale », constate Isabelle Robert-Bobée, cheffe de la division des enquêtes et études démographiques à l’Insee. Le fait qu’un territoire abrite beaucoup de jeunes explique par exemple, son engouement pour le Pacs. Comme c’est le cas par exemple à Paris (où 9 % des couples sont pacsés).

« En France, les jeunes couples commencent par vivre ensemble et certains se dirigent ensuite vers le pacs ou le mariage. Le pacs est aussi parfois une situation transitoire vers le mariage », décrypte Laurent Toulemon. Ce qui explique donc que le mariage soit plus représenté dans les métropoles du Sud-Est, d’Ile-de-France (hors Paris) à et de l’Est de la France, où se concentre une population plus âgée.

Plus d’unions libres dans les villes estudiantines

Par ailleurs, le niveau de diplôme joue aussi sur le choix de telle ou telle forme d’union : « 12 % des personnes diplômées de l’enseignement supérieur résidant en couple sont pacsées, contre 2 % de celles sans diplôme », indique Isabelle Robert-Bobée. Et les cadres et professions intermédiaires sont les plus enclins à se pacser. Pas étonnant donc qu’il y ait plus de pacs dans les grandes villes estudiantines. Ainsi à Clermont-Ferrand, Rennes, Nantes, Toulouse, Bordeaux, Lille et Lyon, 10 % ou plus des couples sont pacsés et 25 % vivent en unions libres. A l’inverse, dans des villes comme Saint-Etienne ou Nîmes, où la population est plus âgée et moins diplômée, 76 % des couples sont mariés.

Reste à savoir si la bonne implantation du catholicisme dans certains territoires, influe sur le choix du type d’union. Le fait que plus de 75 % des couples vivant dans le Morbihan soient mariés, pourrait le laisser penser.