Nord: Enlevé et séquestré, un commerçant dénonce un règlement de compte avec un ancien collaborateur

FAITS DIVERS Un suspect est en détention provisoire dans une affaire d'enlèvement et de séquestration d'un commerçant nordiste...

Gilles Durand

— 

Un véhicule de police. (Illustration)
Un véhicule de police. (Illustration) — Olivier Aballain / 20 Minutes
  • Un commerçant nordiste, qui travaille à Templeuve, en Belgique, a été victime d’une agression et d’une séquestration.
  • Dans sa plainte, il raconte que les agresseurs l’ont menacé de le faire tuer par son propre fils.
  • Un des suspects a été placé en détention provisoire.

« Ils m’ont dit qu’ils allaient donner un gun à mon fils pour qu’il me tire une balle dans la tête. » Un commerçant de Willems, près de Lille, a connu la frayeur de sa vie, le mercredi 10 janvier. Il a porté plainte pour enlèvement, séquestration et violence volontaire, après avoir été menacé de mort par deux individus, a-t-on appris, ce mardi.

Menace de violer sa femme

Lors de sa déposition, le quadragénaire a raconté son calvaire. Il possède un magasin à Templeuve, en Belgique où il s’est rendu, mercredi, pour récupérer un dossier. C’est alors que deux individus cagoulés sont entrés pour le tabasser. Ils en veulent à son argent.

>> A lire aussi: Un gang de cinq ravisseurs, suspecté d'une violente séquestration, écroué

« Ils ont menacé de le tuer s’il ne leur ouvrait pas son coffre. Mais aussi de violer sa femme en lui affirmant qu’une autre équipe était à son domicile au même moment. En réalité, ce n’était pas le cas, mais ils connaissaient son adresse », souligne son avocat Me Damien Legrand.

Scotché des pieds à la tête

Visiblement peu satisfaits du butin, ils ont décidé d’embarquer leur victime dans une Audi A4 break, un sac plastique sur la tête. Destination un garage qui s’avère se trouver à Liévin, près de Lens. Là, il est scotché des pieds à la tête, avec un simple trou pour pouvoir respirer, puis abandonné provisoirement par ses agresseurs. Ces derniers ont pu obtenir ses cartes bleues avec les codes.

Grâce à un clou dont il parvient à se saisir, le prisonnier est, néanmoins, parvenu à se libérer. « Mais dans les rues de Liévin, personne ne prête attention aux appels au secours d’une personne recouverte de scotch et ensanglantée. C’est une femme qui accepte, finalement, de prévenir la police et les pompiers », précise l’avocat.

Transporté à la polyclinique de Riaumont, à Liévin, le commerçant molesté est alors entendu par la police sur son lit d’hôpital. Il assure avoir reconnu un de ses agresseurs, un ancien collaborateur avec qui il a été en litige, grâce, notamment, à un prénom lâché lors d’une conversation.

Un suspect en détention provisoire

L’affaire est confiée à la brigade criminelle de Lens. « Elle a placé la conjointe du suspect en garde à vue et ce dernier s’est rendu », relate l’avocat. Très vite, un second suspect est identifié. « Les deux hommes avaient été contrôlés ensemble, quelques jours plus tôt, par la gendarmerie de Baisieux. Ils semblaient être en repérage près du domicile de mon client. Les policiers ont fait le rapprochement en consultant les mains courantes », explique Damien Legrand.

Une instruction judiciaire a été ouverte au tribunal de Béthune. Le premier suspect a été placé en détention provisoire, dimanche, à l’issue de sa mise en examen. Le second est recherché par la police. La victime s’en sort, pour sa part, avec un nez et des côtes cassés, ainsi qu’un traumatisme psychologique.