#MoiJeune: «Avec le contrôle continu au bac, il y aura des chouchous et des désavantagés»

EDUCATION Après que le gouvernement a présenté quelques pistes pour réformer le bac, le panel #MoiJeune de 20Minutes est dubitatif…

Adrien Briand

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Ça révise sec
Ça révise sec — Studio32
  • Le gouvernement envisage de proposer un bac modulaire ou de privilégier le contrôle continu
  • Notre panel #MoiJeune pense que les pistes évoquées pourraient renforcer certaines inégalités
  • Nos lecteurs proposent par exemple de fusionner les filières

Même pas encore présentée, la réforme du baccalauréat fait déjà débat. Alors qu’un rapport ne doit être remis que fin janvier à Jean-Michel Blanquer, certaines pistes ont commencé à émerger. On retrouve, pêle-mêle, la possibilité d’un bac modulaire avec des disciplines majeures et des mineures, d’un grand oral interdisciplinaire ou encore la vieille antienne du contrôle continu. Interrogé, le panel #MoiJeune de 20 Minutes est perplexe et propose d’autres pistes.

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« Le fait de passer le bac en contrôle continu encouragerait des élèves à s'inscrire dans un mauvais lycée, afin qu’ils aient de meilleures notes, commence Kévin. De plus, l’anonymat disparaîtra et on verra émerger des chouchous. » Benyamin, lui, fustige l’idée d’un oral interdisciplinaire : « Il n’y a pas pire pour une personne en terminale pour se mélanger entre les notions, estime-t-il. Et si un élève ne se trompe pas lorsqu’il passe en même temps plusieurs oraux, je lui tire mon chapeau. » Selon lui, certains élèves pourraient être désavantagés selon « leur résistance au stress » ou leur « timidité ».

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« L’idée du bac modulable est plutôt une bonne idée »

Toutefois, toutes les pistes ne sont pas à écarter, selon notre panel. Le même Benyamin pense que « l’idée du bac modulable », s’il ne substitue pas au tronc commun, « est plutôt une bonne idée ». Idem pour le contrôle continu, lequel « obligera les élèves à être constants tout au long de l’année plutôt que de tout miser sur la fin de l’année ou sur le sujet qu’on a plus révisé. »

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« Le vrai problème, c’est l’allégement systématique des programmes »

En fait, pour la majorité des #MoiJeune, le problème est ailleurs et ces pistes de réflexion sont loin d’être les seules envisageables. « Le vrai problème, c’est l’allégement systématique des programmes en réponse à la démotivation des élèves », commente ainsi Firestorm, craignant que cette future réforme aboutisse à « une baisse de la culture moyenne des élèves », ce qui n’est « pas franchement bon, surtout dans le contexte de doute systématique et de complotisme ambiant ».

Aymeric, lui, plaide pour un mélange entre bac modulaire et bac technologique : « On pourrait se retrouver avec des majeures/mineures dans la gestion d’entreprise, science du corps humain, ingénierie du développement durable, informatique & développement web. » Il l’assure, cela pourrait permettre de « revaloriser les filières technologiques qui sont prioritaires pour l’accès aux filières pro. »: « À Toulouse par exemple, avec moins de 12 de moyenne, c’est la fac et rien d’autre vu que tu n’as pas le niveau pour les classes préparatoires et que le système des quotas ne donne accès à aucun BTS. »

Enfin, Kévin propose une solution radicale : « Il faudrait supprimer le bac et mettre des concours d’accès pour toutes les filières du supérieur, au moins pour les bacs généraux et technologiques. » Pourquoi s’embêter ?

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