Limitation à 80km/h, portable au volant... Les solutions du gouvernement pour améliorer la sécurité routière

ACCIDENTS L’objectif est d’enrayer la hausse persistante du nombre de morts sur les routes…

20 Minutes avec AFP

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Le Premier ministre Edouard Philippe (au centre) et la ministre des Transports Elisabeth Borne le 9 janvier 2018 à Matignon.
Le Premier ministre Edouard Philippe (au centre) et la ministre des Transports Elisabeth Borne le 9 janvier 2018 à Matignon. — BERTRAND GUAY / AFP

​Les routes secondaires à double sens seront limitées à 80 km/h à partir du 1er juillet 2018 a notamment annoncé le Premier ministre Edouard Philippe ce mardi à l’issue d’un Conseil interministériel de sécurité routière (CISR) à Matignon.

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Retrouvez l’ensemble des mesures décidées pour enrayer la mortalité sur les routes.

Limitation de la vitesse

La vitesse maximale autorisée sur les routes secondaires à double sens sans séparateur central (terre-plein, barrière), soit la quasi-totalité des routes secondaires (près de 400.000 kilomètres sur le million en France), est abaissée de 90 km/h à 80 km/h. Le gouvernement espère avec cette mesure sauver « 350 à 400 » vies par an, soit près d’une par jour.

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Le gouvernement prévoit toutefois une « clause de rendez-vous » dans deux ans pour mesurer l’efficacité de la mesure sur la mortalité routière. L’exécutif prévoit aussi, à l’horizon 2021, de donner la possibilité à un conducteur contrôlé en excès de vitesse de plus de 40 km/h et faisant l’objet d’une suspension de permis de continuer à conduire, à condition de ne conduire qu’un véhicule équipé d’un contrôleur électronique de vitesse.

Recettes

Le probable surplus de recettes budgétaires lié à la mesure sur l’abaissement de la vitesse à 80 km/h ira « en intégralité » aux soins des accidentés de la route. L’Etat va créer un fonds dans le budget-2019, qui ira à la modernisation des structures de prise en charge.

Téléphone

Un automobiliste qui commet une infraction routière avec son téléphone à la main verra son permis immédiatement retenu par les forces de l’ordre et encourra une suspension de permis. Le téléphone au volant est impliqué dans un accident mortel sur dix.

Alcool

En cas de récidive d’infraction de conduite en état alcoolique, va devenir obligatoire la pose d’un éthylotest anti-démarrage (EAD), dispositif imposant de souffler dans un éthylotest qui bloque le démarrage du véhicule si l’alcoolémie est trop élevée, assorti d’un suivi médico-psychologique.

Un conducteur dont le permis a été suspendu après un contrôle à plus de 0,8 g/l pourra toutefois continuer à conduire s’il accepte d’utiliser un véhicule équipé d’un EAD, à ses frais.

Piétons plus protégés

Usagers les plus vulnérables, 559 piétons ont été tués en 2016, un bond de 19,4 % par rapport à 2015. Le gouvernement prévoit de punir « plus lourdement » les conducteurs qui ne respectent pas les règles de priorité des piétons, et permettre de les sanctionner sans interception, notamment par vidéo-verbalisation.

Un programme est également prévu pour mieux sécuriser les abords immédiats des passages piétons en redéfinissant les emplacements de stationnement et en marquant au sol « une ligne d’effet des passages piétons jusqu’à cinq mètres en amont pour indiquer que les véhicules doivent s’arrêter ».

Le « bridage » des applis collaboratives, avertisseurs de radar

Dès la fin de l’année, les forces de l’ordre pourront temporairement « disparaître » des applications de navigation routière indiquant leur position, en cas de contrôle d’alcoolémie et de stupéfiants mais aussi de lutte contre le terrorisme et la criminalité. Elles ne pourront pas le faire pour un contrôle de vitesse.

« Quand elles le décideront, les forces de l’ordre déclareront l’endroit où elles sont et demanderont (aux applications) que, dans cet espace-là, les signalements de leur présence faits par les membres des communautés de ce système ne "redescendent" pas aux autres utilisateurs », a détaillé le délégué interministériel à la Sécurité routière, Emmanuel Barbe.

Conduite « exemplaire »

Si cela reste un projet, Edouard Philippe a annoncé une « réflexion », confiée au Conseil national de sécurité routière (CNSR) au premier semestre 2018, « pour définir s’il est opportun, et si oui, à quelles conditions, que ces conducteurs puissent voir leur bonne conduite récompensée par les pouvoirs publics ». 37 millions de Français possèdent leurs douze points de permis.