VIDEO. Marseille: Un robot permet d'aller en cours même quand on est malade

HANDICAP Une quinzaine de ces robots de téléprésence vont bientôt investir les couloirs des collèges marseillais…

Mathilde Ceilles

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Le robot Ubbo permet d'assister à un cours à distance
Le robot Ubbo permet d'assister à un cours à distance — Capture d'écran / Youtube
  • Le conseil départemental a versé une subvention à quatorze collèges du département.
  • Ces collèges sont volontaires pour accueillir Ubbo.
  • Ce robot permet aux enfants gravement malades ou handicapés d’être virtuellement présents en classe.

Une tablette roulante qui se balade dans les couloirs du collège, puis prend place en cours de SVT, à côté des copains. Il y a quelques années, cette scène aurait pu être dans un film de science-fiction. D’ici quelques semaines, ce sera une réalité dans certains collèges du département des Bouches-du-Rhône.

En décembre dernier, quatorze collèges volontaires se sont vus attribuer chacun une subvention de 4.200 euros par le conseil département pour l’achat du robot Ubbu, soit un investissement total de 58.800 euros. Conçu par l’entreprise Axyn Robotique, basée dans les Bouches-du-Rhône, ce robot dit de « téléprésence » promet de permettre à tout enfant ne pouvant être présent à l’école en raison d’importants problèmes de santé de suivre les cours, d’interagir pendant celui-ci, et même de discuter avec ses camarades pendant les intercours. Le robot est dirigé par l’enfant lui-même, qui reste dans sa chambre tout en étant virtuellement présent.

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Ne pas prendre de retard

« Comme beaucoup d’établissements, nous sommes chaque année confrontés à des élèves avec d’importants problèmes de santé, comme l’anorexie ou même les phobies scolaires », note Clémentine Dahl, principale du collège Chape. L’établissement marseillais situé dans le IVe arrondissement fait partie des collèges qui recevront bientôt leur robot. « Nous n’avons pas assez de moyens pour dispenser un cours à domicile. Ce robot permet aux élèves de ne pas prendre de retard en suivant les mêmes cours au même rythme que leurs camarades. Au final, cela peut enlever certaines angoisses, dont celle de revenir, de devoir tout expliquer aux autres et rattraper tout ce qui a été fait ! »

« Ce robot est interactif : l’élève peut poser ses questions et le professeur répondre, se réjouit Annie Encarnacao, principale du collège Pesquier de Gardanne, également volontaire pour accueillir ce robot. C’est autre chose que rattraper un cours chez soi, avec le cahier d’un camarade ou en téléchargeant un cours en ligne. Il garde aussi un lien social. Il reste au contact de ses camarades, c’est important dans la construction d’une personnalité. » Dans ce collège, le robot va également être au cœur de plusieurs cours, notamment en technologie, afin de rendre un peu plus concret certains apprentissages. « Les enfants seront invités à le programmer », précise la principale.

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Huit autres dans quelques semaines

Une initiative applaudie par les parents d’élève. « Aujourd’hui, un enfant handicapé, à cause de ce handicap, est exclu et voué à l’échec, se désole Jean-Philippe Garcia, président de la FCPE des Bouches-du-Rhône. En tant que parent, c’est un réconfort de savoir que l’institution prend en compte le handicap de votre enfant. On va vous accompagner dans votre galère dans ce qui est un véritable parcours du combattant. »

Et de regretter : « Aujourd’hui, ce sont les parents qui sont obligés de prendre en charge l’éducation des enfants, en parallèle. Tout ce qui peut améliorer les conditions d’accueil à l’école est bienvenu. » Huit autres collèges volontaires des Bouches-du-Rhône vont très probablement recevoir une subvention du conseil département, dans le cadre du « plan Charlemagne ».