Notre-Dame-des-Landes: «Un retour à l’ordre public est possible» sans violence, selon Orphelin (LREM) et Bové (EELV)

AEROPORT Les deux élus opposés au transfert de l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes signent une tribune ce lundi...

J.U. avec AFP

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Des militants anti-aéroport sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.
Des militants anti-aéroport sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. — F.Tanneau/AFP
  • Matthieu Orphelin et José Bové estiment qu'«une sortie par le haut est possible à NDDL», sans violence et avec «du temps».
  • Ils imaginent un nouveau projet qui pourrait «préfigurer une future Société civile du bocage», inspiré par l'expérience du Larzac.

Un retour à l’ordre public à Notre-Dame-des-Landes « sans évacuation violente » par les forces de l’ordre est « possible ». C’est en tout cas ce que plaident lundi le député LREM Matthieu Orphelin et l’eurodéputé EELV José Bové, tous deux opposés au transfert de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

Alors que l’exécutif doit décider d’ici la fin du mois de poursuivre ou non le projet, « une sortie par le haut est possible à NDDL », sans violence et avec « du temps », estiment le député du Maine-et-Loire et le député européen dans une tribune publiée dans les Journaux de Loire (Le Courrier de l’Ouest, Le Maine Libre et Presse-Océan).

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« Retrouver un climat pacifié est non négociable et si nécessaire pour les habitants de la zone. Dans le cas du choix du réaménagement de l’aéroport existant, notre conviction est que l’Etat peut être fort en assurant un retour à l’ordre public à NDDL sans évacuation violente », martèlent-ils.

Une future société civile du bocage

« Pour y arriver, l’Etat peut imaginer un nouvel avenir pour NDDL, via un projet fédérateur autour de l’agriculture durable et de la biodiversité », qui pourrait « préfigurer une future Société civile du bocage » inspirée de l’expérience du Larzac, proposent Matthieu Orphelin, un proche du ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, et José Bové.

Ils préconisent qu’une « mission » soit « nommée pour élaborer ce nouveau projet emblématique, animer le dialogue avec toutes les parties prenantes, imaginer les soutiens aux actions portées par les acteurs locaux ». A noter que dans leur rapport, les médiateurs évoquent, en cas d’abandon de Notre-Dame-des-Landes, « un projet global de territoire et une réallocation des terres à exploiter tenant compte des besoins réels des agriculteurs ».

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Négocier avec Vinci

« L’Etat peut également être fort en assumant une phase de transition de quelques mois vers un retour à la normale. Est-ce si étonnant, pour un projet si mal emmanché depuis plus de 50 ans ? », interrogent les élus, demandant que le dialogue soit « aussi enclenché avec les citoyens non-violents qui expérimentent sur le site de nouvelles organisations sociales ou activités ».

« Enfin, l’Etat doit être fort dans sa négociation avec le groupe Vinci. Il est hors de question de payer des centaines de millions d’euros à un groupe qui tire une grande partie de ses bénéfices d’équipements dont la puissance publique lui a confié la gestion, et qui de plus, gère l’aéroport existant de Nantes-Atlantique ! », estiment Matthieu Orphelin et José Bové.