Adolescente en état végétatif: «C'est un crime organisé», dénonce la mère d'Inès après la décision de la justice d'arrêter les soins

JUSTICE Pour Djamila Afiri, la décision du Conseil d’Etat « va à l’encontre des Droits de l’Homme »…

H. B.
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Arrêt des soins à l'hôpital (illustration).
Arrêt des soins à l'hôpital (illustration). — PFG/SIPA/SIPA

« C’est dégoûtant. C’est un crime organisé ». Djamila Afiri, la mère d’Inès, une adolescente de 14 ans plongée dans un état végétatif, a exprimé ce samedi sa colère après la décision du Conseil d'Etat d'arrêter les soins donnés à sa fille. « Je ne peux pas imaginer qu’on puisse aller contre des parents, contre un frère, contre une sœur », s’est indignée la maman d’Inès au micro d’ Europe 1.

Inès souffre d’une maladie neuromusculaire auto-immune. Elle est hospitalisée depuis juin au CHRU de Nancy (Lorraine) à la suite d’une crise cardiaque. Après des soins, les médecins avaient jugé son cas sans espoir et lancé une procédure visant à l’arrêt des traitements, conformément à la loi de 2016 sur la fin de vie. Le père et la mère de l’adolescente avaient alors saisi en référé début décembre la plus haute juridiction administrative pour s’opposer à cette décision.

Un probable recours devant la CEDH

Pour Djamila Afiri, la décision du Conseil d’Etat « va à l’encontre des Droits de l’Homme ». Elle est persuadée que sa fille « est consciente ». « Quand je lui parle, elle répond avec la tête. Quand je pars, que je lui dit au revoir, elle me tourne la tête pour pas que je l’embrasse, elle ne veut pas que je parte ».

« On n’a pas fait d’examens complémentaires à ma fille. Elle n’a pas refait d’IRM, pas refait de scanner, rien fait. On s’est juste basés sur la première conclusion des médecins. Y’a pas eu d’expertise indépendante », a expliqué Djamila Afiri.

L’avocat des parents de l’adolescente, Me Abdelbaki Bouzidi, a confirmé à Europe 1 que ses clients lui « ont demandé de saisir la Cour européenne des Droits de l’Homme sur le fondement de l’article 35 ».