Dalil Boubakeur, pas invité par Macron pour ses vœux aux autorités religieuses, claque la porte du CFCM

RELIGION « Il est surprenant que l’institution religieuse musulmane la plus emblématique de France […] soit ainsi marginalisée voire ostracisée », a déclaré le recteur de la grande mosquée de Paris…

20 Minutes avec AFP

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Le président du Conseil français du culte musulman, Dalil Boubakeur, le 24 février 2015 à Paris.
Le président du Conseil français du culte musulman, Dalil Boubakeur, le 24 février 2015 à Paris. — Photographer:Yann Bohac/SIPA

Il claque la porte du CFCM. La grande mosquée de Paris (GMP), mécontente de constater que son recteur, Dalil Boubakeur, n’a pas été invité aux vœux qu’Emmanuel Macron doit présenter jeudi aux autorités religieuses, a annoncé ce mercredi son retrait du Conseil français du culte musulman (CFCM).

Le président de la République doit accueillir jeudi matin, pour une cérémonie traditionnelle d’échange de vœux, les responsables des cultes, déjà reçus longuement le 21 décembre à l’Elysée.

Le recteur Boubakeur s’estime marginalisé

Chaque culte étant représenté par deux personnes, le CFCM, l’interlocuteur musulman officiel de l’Etat, le sera par son président en exercice depuis juillet Ahmet Ogras (proche de la Turquie) et le prédécesseur de celui-ci, Anouar Kbibech (de sensibilité marocaine). Généralement convié sous les ors de l’Elysée, le recteur de la GMP (liée à l’Algérie) depuis plus d’un quart de siècle, Dalil Boubakeur, 77 ans, ne le sera donc pas cette fois-ci.

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« Il est surprenant que l’institution religieuse musulmane la plus emblématique de France, fruit d’une loi d’État pour manifester la reconnaissance de la Nation aux milliers de soldats musulmans morts pour la France durant la Première Guerre mondiale, soit ainsi marginalisée voire ostracisée », assène le responsable de la GMP.

Coutumier des sorties fracassantes

« Prenant acte de cette injuste et inexplicable mise à l’écart, la grande mosquée de Paris décide de se retirer de toutes les instances du CFCM et de ne plus participer à toute initiative émanant des pouvoirs publics sur l’organisation du culte musulman », poursuit-il dans un communiqué.

Le recteur Boubakeur, qui s’estime marginalisé depuis qu’il a laissé les commandes du CFCM en 2015, est coutumier de ces sorties fracassantes, généralement suivies de retours plus discrets. Fin janvier 2017, il avait exprimé son refus de participer au nouveau chantier de « l’islam de France », articulé sur une fondation culturelle, aujourd’hui active sous la présidence de Jean-Pierre Chevènement, et une association cultuelle de financement, toujours au point mort. Et en mars, il avait mené une fronde contre le lancement d’une « charte de l’imam » censée contribuer à la lutte contre la radicalisation, mais à ses yeux inaboutie.