«D'ici la fin de l'année (...) plus personne dans les rues», le DAL rappelle à Emmanuel Macron sa promesse de Noël

LOGEMENT Cet été, le président de la République s'était engagé sur le mal logement...

Hélène Sergent
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Une manifestation organisée par le DAL s'est tenue ce lundi 25 décembre à Paris.
Une manifestation organisée par le DAL s'est tenue ce lundi 25 décembre à Paris. — LIONEL BONAVENTURE / AFP

L’association Droit au Logement (DAL) a manifesté lundi sous les fenêtres du ministère du Logement à Paris pour rappeler au président de la République sa promesse faite cet été qu’il n’y aurait « d’ici la fin de l’année (…) plus personne dans les rues ».

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Une centaine de personnes, dont de nombreux enfants, se sont rassemblées en musique et autour d’un goûter pour un « Noël de combat », en présence de la comédienne Marina Vlady.

La promesse de l’été

Une affiche citant la promesse du chef de l’Etat « plus personne à la rue cet hiver » et une autre banderole « la ville n’est pas le monopoly » avaient été tendues, montrant une pluie de billets de cinq euros et l’inscription APL pour « Aides au logement personnalisées », en référence à la baisse de cinq euros mensuels pour tous les allocataires de l’APL, entrée en vigueur le 1er octobre.

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« Il faudrait que les ministres du Logement, Messieurs Mézard et de Normandie (Jacques Mézard, le ministre de la Cohésion des territoires en charge du logement et Julien Denormandie, secrétaire d’Etat à la Cohésion des territoires, NDLR), démissionnent parce qu’ils ont failli à la mission que leur a donnée le président », a déclaré Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL.

« Il y a de plus en plus de sans-abri alors qu’on a jamais eu autant de logements vacants, il y a de la place ! », a-t-il expliqué. « Quand on nous parle de bienveillance et qu’on supprime toutes les aides, on voit que c’est de la cupidité, et du soutien à ses amis, les riches », a ajouté M. Eyraud.

À l’hôtel depuis cinq ans

Fatoumata Konte, une Ivoirienne de 27 ans, vit à l’hôtel depuis cinq ans, avec son bébé de deux mois et sa fille de trois ans : « Depuis 2011, je change d’hôtel, on y est parfois pour trois mois, parfois pour deux jours… C’est pas propre, il y a de la moisissure, des punaises, des souris qui viennent manger la nourriture des enfants, mais on a pas le choix : si tu veux avoir un endroit où coucher, tu dois accepter ces souffrances. »

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« Je suis hébergé par des proches… avec un regard de travers : on est six dans un 30 m2 », raconte Karim, un coiffeur de 54 ans qui préfère ne pas donner son nom. En juillet, lors d’un discours à Orléans sur l’accueil des migrants​, Emmanuel Macron avait déclaré : « D’ici la fin de l’année, je ne veux plus personne dans les rues, dans les bois », ajoutant « la première bataille : loger tout le monde dignement. Je veux partout des hébergements d’urgence. Je ne veux plus de femmes et hommes dans les rues ».