Finistère: «Incompétent», le médecin absent a été payé pendant trente ans par l'hôpital

COUR DES COMPTES L’hôpital de Quimperlé lui versait plus de 7.000 euros par mois…

C.A. avec AFP

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Un médecin en salle d'opération, illustration
Un médecin en salle d'opération, illustration — DOMINIQUE FAGET / AFP

Epinglé. La cour régionale des comptes de Bretagne vient d’épingler l’hôpital de Quimperlé (Finistère) pour avoir payé un médecin pendant trente ans. Alors que ce dernier était tout bonnement absent. !

« Des problèmes de comportement »

Ce médecin avait été nommé chef de service en 1984 au sein de l’établissement finistérien mais n’y travaillait plus du fait de son « incompétence avérée », comme l'ont noté plusieurs rapports émis à son sujet. Le praticien avait également « des problèmes de comportement, tant vis-à-vis du personnel que des patients, incompatibles avec ses fonctions », indique la chambre dans son rapport.

Ce dernier est pourtant resté dans les effectifs de l’hôpital et continuait à être payé. Au 31 octobre 2016, il percevait une rémunération brute de près de 7.400 euros par mois. L’établissement a parfois tenté de mettre fin à la situation, sans y parvenir. En 2010, le directeur de l’hôpital avait demandé au médecin de faire valoir ses droits à la retraite mais ce dernier avait refusé. « Nous avons travaillé en concertation avec l’Agence régionale de santé pour régler le problème. Le médecin a pris sa retraite en janvier », a réagi Carole Brision, nouvelle directrice de l’hôpital de Quimperlé.

Plus de 5 millions d’euros en quatre ans

Le médecin absent aurait coûté 5,5 millions d’euros à l’hôpital pour la seule période 2012-2016, écrit la chambre régionale des comptes de Bretagne. « Outre un déficit d’image, il en est résulté un coût salarial de 130.000 euros par an et une privation de recettes annuelles estimée à 980.000 euros, soit un coût total de 5,5 millions d’euros entre 2012 et 2016 » pour l’hôpital, résume la chambre régionale des comptes.

En 2004, l’agence régionale de l’hospitalisation (ARH) avait même attribué une enveloppe de 124.000 euros par an à l’hôpital pour « compenser le surcoût lié à ce praticien sans affectation ni activité ».