Pas-de-Calais : Les nouveaux centres d’accueil pour les migrants ne désemplissent pas

IMMIGRATION A l’image du centre d’accueil de Croisilles, l’Etat veut montrer qu’il cherche des solutions concernant l’afflux des migrants…

Gilles Durand

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Le préfet du Pas-de-Calais, Fabien Sudry, (à droite), en grande discussion avec des migrants venus du Soudan et l'interprète, lors d'une visite le 20 décembre 2017, au centre d'accueil de Croisilles, près d'Arras.
Le préfet du Pas-de-Calais, Fabien Sudry, (à droite), en grande discussion avec des migrants venus du Soudan et l'interprète, lors d'une visite le 20 décembre 2017, au centre d'accueil de Croisilles, près d'Arras. — G. Durand / 20 Minutes
  • Les centres d'accueil et d'orientation pour migrants vont tous devenir des centres d'accueil et d'évaluation des situations.
  • A Croisilles, près d'Arras, une soixantaine de migrants attendent d'être fixés sur le sort de leur demande d'asile.
  • Les délais d'attente sont encore très longs.

« Ça se passe plutôt bien », selon le directeur du centre d’accueil. Alors que plusieurs maires de grandes villes, dont Martine Aubry à Lille, ont dénoncé un manque de moyens de l'Etat face à l’afflux de migrants, la préfecture du Pas-de-Calais organisait, mercredi, une visite d’un des trois centres d’accueil ouverts dans le département. Trois centres similaires ont vu aussi le jour dans le Nord pour recevoir les migrants bloqués à Calais.

« Chacun doit y mettre du sien »

Croisilles, c’est ce village, près d’Arras, où plusieurs personnes avaient manifesté leur mécontentement de voir des migrants s’installer. Depuis qu’ils sont arrivés, « les craintes ont disparu », témoigne Gérard Dué, maire de Croisilles.

« Il y a toujours des gens qui ne sont pas d’accord, mais l’intégration s’est bien passée, poursuit monsieur le maire. Chacun doit y mettre du sien. Et quand on s’intéresse à l’histoire de leurs pays d’origine, on s’aperçoit que nous sommes souvent à l’origine des conflits ».

LE CAES remplace le CAO

Toujours est-il que l’Etat cherche toujours des solutions. La création des centres d’accueil et d’orientation (CAO) -dont Croisilles faisait partie- en était une. Depuis mois d’octobre, ce CAO a fait place à un CAES, nouveau sigle signifiant Centre d’accueil et d’évaluation des situations.

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Le changement ? « Nous ne nous occupons plus de l’orientation ou de la formation des migrants. L’objectif est d’accélérer les procédures de demande d’asile pour que ces gens connaissent vite leur situation », souligne le directeur du CAES, Claude Picarda.

En octobre 2016, 37 personnes avaient trouvé refuge à Croisilles après le démantèlement de la lande de Calais. Elles ont toutes obtenu le statut de réfugié avant de partir un peu partout dans la région. « Avec du travail ou une formation », précise le directeur du centre.

Trois mois d’attente

« Il faut construire une chaîne claire et cohérente d’accueil et de suivi », note le préfet du Pas-de-Calais, Fabien Sudry qui annonce que le ministère de l’Intérieur a décidé de transformer tous le CAO de France en CAES.

Mais pour les migrants, les procédures semblent pourtant toujours aussi obscures. Aujourd’hui, ils sont encore 56 à scruter leur destin dans le centre de Croisilles. Derrière l’ennui, se cache même une pointe de déception. « Ça fait trois mois que j’attends une réponse », se plaint un Afghan. « J’ai déjà fait un aller-retour entre la France et l’Italie pour les papiers. Je ne comprends rien », regrette un Soudanais.

« Tous ces problèmes sont compliqués à traiter, admet le préfet. Mais l’Etat prend ses responsabilités ». Selon les sources officielles, 400 à 450 migrants errent encore à Calais.