Bénévolat: «Noël, c’est aussi penser aux autres», racontent les participants à des réveillons solidaires

TEMOIGNAGES Chaque année, des bénévoles partagent des moments de convivialité avec des personnes seules, malades ou en situation de précarité…

Delphine Bancaud

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Une bénévole et une participante d'un réveillon de Noël organisé par Les petits frères des pauvres.
Une bénévole et une participante d'un réveillon de Noël organisé par Les petits frères des pauvres. — Amaury Cibot/ Les petits frères des pauvres
  • Chaque année, des milliers de bénévoles consacrent leur réveillon de Noël ou leur 25 décembre aux autres.
  • Ils créent du lien entre les convives et tentent de leur faire oublier un quotidien difficile le temps d’une soirée.
  • Des actions d’autant plus essentielles que la période des fêtes exacerbe le sentiment d’exclusion des plus fragiles.

Pas question de festoyer en famille alors que d’autres personnes sont seules, malades ou n’ont pas les moyens financiers de le faire. Chaque année, des milliers de bénévoles consacrent leur réveillon de Noël ou leur 25 décembre aux autres.

« Faire oublier l’état de santé, l’isolement ou la précarité »

C’est le cas de Michelle Henry, assistante administrative, qui participe à des réveillons solidaires pour l’association Les Petits frères des pauvres à Marseille : « Parfois, je me déplace au domicile de personnes âgées. Je dresse alors une jolie table avec des fleurs et des bougies, je partage une flûte de champagne et un bon repas avec mon hôte et je lui donne un cadeau. J’ai aussi rendu visite à des personnes âgées en maison de retraite et j’ai participé également à des repas collectifs organisés par l’association. Avec à chaque fois le même but : faire oublier l’état de santé, l’isolement ou la précarité aux personnes que nous accompagnons ce soir-là », confie-t-elle.

Et le pari est toujours tenu : « La joie est toujours au rendez-vous. J’ai d’ailleurs plein de bons souvenirs de ces soirées-là, comme lorsque j’ai dansé avec un monsieur en béquille ou quand je regardais les petites mamies venues avec leurs chiens, discuter entre elles », raconte-t-elle.

« Quand on a de la chance, il faut la partager »

De son côté, Mauricette Smith participe aux réveillons de Noël du Secours populaire depuis six ans à Paris : « Je partage un repas festif avec des seniors et des familles en situation précaire. J’aide à la fois à la décoration du restaurant, à préparer des cadeaux pour les convives et à mettre du lien entre eux le jour J. Je tiens le rôle d’une maîtresse de maison en quelque sorte », résume-t-elle.

Même engagement pour Monique Rousseau qui partage le repas du 25 décembre organisé par Les petits frères des pauvres à Marcq-en-Barœul (Nord) : « Quand on a de la chance, il faut la partager. Et Noël, c’est aussi penser aux autres », explique-t-elle.

Si ces déjeuners festifs sont toujours accompagnés par un orchestre, cela ne suffit pas à créer une ambiance chaleureuse. Monique Rousseau et les autres bénévoles s’en chargent : « Je me montre toujours bienveillante et chaleureuse pour mettre tous les convives à l’aise. Et quand je vois qu’une personne reste seule, je vais la chercher. On chante, on danse et les sujets de discussions s’imposent naturellement », observe-t-elle.

« Je me sens plus en accord avec moi-même »

Tanya-Estelle Tinziela, 26 ans, fait aussi des fêtes un moment de solidarité. Elle participe à des maraudes de Noël organisées par l’association United, dans l’après-midi du 24 décembre : « On apporte aux personnes qui vivent dans la rue des gâteaux, du chocolat et une boisson chaude. C’est l’occasion de discuter avec eux, de chanter des chants de Noël et de leur offrir un petit cadeau », explique-t-elle.

Des moments conviviaux qu’apprécient pleinement les bénéficiaires de ces associations : « Noël, cela exacerbe leur sentiment de solitude. Alors quand on les voit sourire, on a l’impression d’avoir gagné une petite bataille », déclare Tanya-Estelle Tinziela. « Le réveillon de Noël apporte un bol d’air frais aux convives et représente une coupure salvatrice avec leur quotidien difficile. Pour les familles monoparentales qui vivent à l’hôtel par exemple, c’est essentiel que leurs enfants soient gâtés et profitent à plein de ces moments de joie », ajoute Mauricette Smith. « D’ailleurs, ils en parlent encore des mois et des mois après. Et ce moment de convivialité a parfois décidé certaines personnes âgées à partir en vacances avec Les petits frères des pauvres », souligne Monique Rousseau.

Quant aux bénévoles, ils n’ont pas l’impression d’avoir sacrifié un jour de fête : « Même si je ne réveillonne pas avec ma famille le 24, je me rattrape le 25 », confie Mauricette Smith. Même son de cloche auprès de Monique Rousseau : « Je suis avec ma famille le 24 au soir et mes proches comprennent très bien que je sois auprès de ceux qui en ont besoin le 25. Cela fait partie de moi ». Et chacun sort de ces soirées grandi, à l’instar de Michelle Henry : « Ces réveillons solidaires sont de vrais moments de partage. Ils m’apportent énormément ». « Le fait d’avoir donné de mon temps aux autres, fait que je me sens plus en accord avec moi-même », déclare à son tour Tanya-Estelle Tinziela.