Rennes: Au Café Joyeux, les serveurs autistes et trisomiques vous redonnent le sourire

INITIATIVE Implanté en plein cœur de ville, l’établissement emploie des personnes en situation de handicap mental...

Jérôme Gicquel

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Huit personnes en situation de handicap mental ont été recrutés au Café Joyeux, comme Fabian qui assure le service.
Huit personnes en situation de handicap mental ont été recrutés au Café Joyeux, comme Fabian qui assure le service. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Le Café Joyeux ouvre ses portes mercredi en plein centre-ville de Rennes.
  • Particularité de ce coffee-shop, ces serveurs sont tous autistes ou trisomiques.
  • Le projet vise à faire changer le regard des gens sur le handicap.

Une ambiance cosy, des cookies, des gâteaux, du café et du thé. Le Café Joyeux, qui ouvre ses portes ce mercredi rue Vasselot à Rennes, ressemble à un coffee-shop classique. A la seule différence que les serveurs sont tous autistes ou trisomiques. Derrière ce projet solidaire se cache l’entrepreneur Yann Bucaille Lanrezac.

« Avec ce café, nous souhaitons montrer que la différence apporte de la joie. Mais ce n’est pas de la charité. C’est un vrai projet d’entreprise qui doit permettre à nos salariés handicapés de travailler dans un milieu ordinaire et pas seulement dans des établissements spécialisés », indique le chef d’entreprise. « Et nos amis joyeux ont beaucoup de choses à nous apporter », poursuit-il.

Huit stagiaires handicapés dans l’équipe

Parmi ces amis joyeux, Fabian, 19 ans, très excité à l’idée d’accueillir ses premiers clients. « J’ai déjà travaillé dans la restauration à l’institut médico-éducatif de Montfort-sur-Meu. Ce que je préfère, c’est l’accueil des clients et le service », indique le jeune homme, aux petits soins avec ses convives.

L'équipe du Café Joyeux est répartie entre la cuisine, le comptoir et la salle.
L'équipe du Café Joyeux est répartie entre la cuisine, le comptoir et la salle. - J. Gicquel / 20 Minutes

A ses côtés, sept autres stagiaires en situation de handicap mental ont été recrutés pour assurer le service en cuisine, en salle et au comptoir. « On souhaite développer leur polyvalence et leur autonomie avec l’idée de les embaucher assez vite », souligne Olivier Poizat, le manager de l’équipe.

Changer le regard des gens sur le handicap

Si la convivialité est de mise au Café Joyeux, pas question non plus de transiger sur la qualité. « Tout est fait maison ici avec une cuisine ouverte pour que les clients puissent voir comment nos salariés travaillent », assure Olivier Poizat. « On a envie de montrer que cela marche et qu’on n’a pas à rougir face aux autres enseignes », poursuit Yann Bucaille Lanrezac, qui s’est inspiré pour son projet de la pensée de Jean Vannier, à l’origine des Communautés de l’Arche.

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« Si cela peut faire changer le regard de certaines personnes sur le handicap et effacer les différences, alors le pari sera gagné », souligne le chef d’entreprise. « D’ailleurs, on est tous un peu handicapé, peut-être même plus qu’eux », sourit-il.