Notre-Dame-des-Landes: Les collectivités dénoncent les «données oubliées» par les médiateurs

AEROPORT Les six collectivités locales finançant le projet de Notre-Dame-des-Landes ont fait part de leur colère à Emmanuel Macron...

F.B. avec AFP

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Des manifestants partisans de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes le 2 décembre 2017 à Nantes.
Des manifestants partisans de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes le 2 décembre 2017 à Nantes. — L.Venance/AFP

La riposte. Les collectivités locales finançant le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) réclament à Emmanuel Macron la prise en compte de données « oubliées, voire éludées » dans le rapport des médiateurs sur ce dossier controversé, avant toute concertation et toute décision du gouvernement.

Dans un courrier adressé à l’Elysée, le conseil régional des Pays de la Loire, le conseil régional de Bretagne, le conseil départemental de Loire-Atlantique, Nantes métropole, la communauté d’agglomération de la région nazairienne et la communauté d’agglomération de la presqu’île de Guérande dénoncent les « éléments erronés » et les « conclusions pour le moins orientées » du rapport de médiation remis le 13 décembre à Matignon.

Etudes sur Nantes-Atlantique, bruit, indemnités…

Parmi les « omissions » et les « contre-vérités », les collectivités pointent l'« abstraction de plusieurs études précédentes de réaménagement de Nantes-Atlantique », l’absence d’analyse comparative permettant d’évaluer les nuisances sonores sur l’agglomération nantaise, ou encore une sous-estimation des « pénalités » en cas d’abandon du projet de transfert à Notre-Dame-des-Landes, et notamment du « manque à gagner » pour les collectivités qui doivent percevoir une rémunération après le remboursement des avances.

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Les collectivités dénoncent par ailleurs les « graves lacunes » dans la comparaison financière des deux options, pour l’Etat et les collectivités, qui fait apparaître dans le rapport des médiateurs un écart de l’ordre de 250 à 300 millions d’euros en faveur de Nantes-Atlantique, « sans préciser le coût pour le contribuable », souligne le SMA.

Le gouvernement sommé de rectifier

Si le rapport des médiateurs ne tranche pas entre le réaménagement de Nantes-Atlantique ou son transfert à Notre-Dame-des-Landes, deux options « raisonnablement envisageables », il remet en piste l’optimisation de l’actuelle infrastructure, toujours écartée par les pro-NDDL.

Alors que l’exécutif doit prendre une décision avant fin janvier sur ce dossier, le Syndicat mixte aéroportuaire demande à ce que les « erreurs de nature à biaiser plus ou moins volontairement l’analyse du gouvernement (soient) rectifiées ». « Faute de quoi », les concertations avec les élus locaux annoncées par le Premier ministre lors de la remise du rapport « ne pourraient se faire sur des bases objectives », conclut le courrier adressé à Emmanuel Macron.