VIDEO. Qui est Sofien Ayari, l'homme jugé à Bruxelles au côté de Salah Abdeslam?

JUSTICE Le jeune homme originaire de Tunis et âgé aujourd'hui de 24 ans est jugé aux côtés de Salah Abdeslam à Bruxelles pour «tentative d'assassinat dans un contexte terroriste sur plusieurs policiers» et «port d'armes»...

Hélène Sergent

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L'audience de fixation s'est tenue en septembre à Bruxelles. Prévu en décembre 2017, il avait été reporté.
L'audience de fixation s'est tenue en septembre à Bruxelles. Prévu en décembre 2017, il avait été reporté. — ERIC LALMAND / BELGA / AFP

Sur la photo postée en juin 2015 sur son compte Facebook, Sofien Ayari est souriant. Il porte une casquette des Yankees de New York. Dans ses bras, un bébé fixe l’objectif. Impossible de savoir quand a été pris le cliché. Au moment de cette publication, le jeune homme se trouvait pourtant en Syrie selon ses propres déclarations.

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Près de trois ans après, ce Tunisien âgé de 24 ans doit comparaître au côté de Salah Abdeslam depuis lundi devant le tribunal de première instance de Bruxelles. Jugé pour « tentative d’assassinat dans un contexte terroriste sur plusieurs policiers » et « port d’armes », Sofien Ayari est en France quasi-inconnu. Son rôle au sein de la cellule des attentats de Paris et Bruxelles reste pourtant particulièrement trouble.

Des planques puis la fuite

S’il n’a cessé de répéter qu’il « n’a rien à voir avec les attentats de Paris », Sofien Ayari est resté après l’attaque du 13 novembre dans le giron du groupe. Contraints à la clandestinité par la traque de Salah Abdeslam, les membres présumés de la cellule changent de planques à plusieurs reprises. Jusqu’à ce 15 mars 2016. Il est un peu plus de 14h quand une équipe de six policiers - belges et français - perquisitionnent un appartement au 60, rue de Dries à Forest.

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À l’intérieur, Mohamed Belkaid réplique avec sa kalachnikov. Dans une pièce du fond, Salah Abdeslam et Sofien Ayari parviennent à prendre la fuite par l’arrière du bâtiment. Pendant l’échange de tirs, trois policiers seront blessés et Mohamed Belkaid mortellement touché. Interpellés trois jours plus tard à Molenbeek, les deux prévenus sont jugés dès aujourd’hui pour leur implication dans cette fusillade.

Des questions sans réponse

Comme son complice présumé, le prévenu a systématiquement opposé son droit au silence aux enquêteurs et à la juge d’instruction belge lors de ses auditions. Qui a-t-il rencontré lors de son séjour en Syrie ? Pourquoi s’est-il glissé dans le flux de réfugiés syriens pour rentrer en Europe à la fin de l’été 2015 ? A-t-il reçu des consignes ?

A ces questions, Sofien Ayari n’apportera aucune réponse si ce n’est qu’il est parti « seul (…) dans le but de défendre les gens victimes de la guerre » et qu’il ne « rejoignait personne sur place ». Le 3 octobre 2015 pourtant, il est « récupéré » dans une BMW par Salah Abdeslam en Allemagne avec deux autres suspects.

De multiples identités

« Complètement fermé au dialogue » selon les enquêteurs, le prévenu aujourd’hui incarcéré en Belgique refuse de fournir la moindre explication. Et les multiples identités utilisées par Sofien Ayari ont longtemps compliqué les investigations. Le 20 septembre 2015, les autorités grecques contrôlent sur l’île de Leros un certain Monir Alhaj Ahmed. En Belgique, il utilisera une fausse carte d’identité au nom d’Amine Choukri. À chaque fois, il s’agit de Sofien Ayari.

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Entre octobre et novembre, le jeune Tunisien gravite autour des frères Bakraoui, auteurs des attentats de Bruxelles. Mais le 13 novembre 2015, Ayari n’est ni à Paris, ni aux abords du stade de France à Saint-Denis. Il accompagne un autre membre présumé de la cellule à Amsterdam. Aux enquêteurs, ce dernier confiera : « [Bakraoui] m’a demandé si je pouvais aller à l’aéroport de Schipol (…) Je lui ai dit que je ne voulais pas y aller seul. Et il m’a dit qu’il allait voir avec Ayari s’il voulait m’accompagner ». Le duo fait l’aller-retour puis rentre à Bruxelles en bus. Jugés jusqu’au vendredi 9 février, ce sera leur première apparition publique avant le tentaculaire procès du 13 novembre.

Contactées par 20 Minutes, ses avocates Laura Severin et Isa Gultaslar n’ont pas souhaité répondre à nos sollicitations avant le début de l’audience.