Des manifestants pro-Notre-Dame-des-Landes devant l'aéroport Nantes-Atlantique.
Des manifestants pro-Notre-Dame-des-Landes devant l'aéroport Nantes-Atlantique. — JS Evrrad/AFP

AEROPORT

Notre-Dame-des-Landes: Ce qu'il faut retenir du rapport des médiateurs

Le rapport considère qu’une rénovation de l’aéroport Nantes-Atlantique et une construction de Notre-Dame-des-Landes sont deux options « envisageables »…

  • Le rapport des médiateurs a étudié minutieusement l’hypothèse d’un réaménagement de l’aéroport Nantes-Atlantique.
  • Le rapport reconnaît des atouts et des inconvénients aux deux options.

Il était très attendu. Le rapport des médiateurs nommés en juin pour déminer l’épineux dossier de Notre-Dame-des-Landes a été remis ce mercredi midi au Premier ministre Edouard Philippe. Le document, épais de 63 pages (sans compter les nombreuses annexes), a été publié dans la foulée sur le site de la médiation.

Comme prévu, il n’émet pas d’avis tranché. Et ses conclusions ne laissent pas entrevoir une préférence claire pour l’un ou l’autre scénario. Voici ce qu’il faut en retenir.

Pour la première fois, aucune option n’est écartée. Le rapport s’est autant attaché à étudier l’hypothèse d’un maintien de l’aéroport Nantes-Atlantique que celle de la construction d’une nouvelle plateforme à Notre-Dame-des-Landes, ce que réclamaient les opposants au transfert. Les deux options sont jugées « raisonnablement envisageables », contrairement aux conclusions de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) en 2013 et au discours des pro-transfert qui considèrent que rénover Nantes-Atlantique est impossible. Le rapport regrette « l’absence de solution parfaite », chaque scénario étant marqué par « au moins un handicap significatif sur un critère particulier ».

L'aéroport Nantes-Atlantique.
L'aéroport Nantes-Atlantique. - L.Venance/AFP

Les atouts d’un maintien de Nantes-Atlantique. Le rapport indique que les besoins de réfection de la piste de Nantes-Atlantique sont « beaucoup moins importants et moins coûteux » que ce qui était annoncé. Que l’augmentation des trafics aériens « serait sans effet significatif » sur la zone naturelle voisine du lac de Grand-Lieu. Que les simulations d’exposition au bruit « n’entraîneraient pas de restriction nouvelle dans les projets d’urbanisme de l’agglomération nantaise », contrairement à ce qu’affirmait la DGAC. Maintenir Nantes-Atlantique apparaît intéressant pour les entreprises du sud-Loire et de Vendée et « présente des avantages significatifs » pour l’usine Airbus. Enfin, garder Nantes-Atlantique serait moins cher que de construire Notre-Dame-des-Landes.

Les inconvénients de Nantes-Atlantique. Le rapport considère que le réaménagement de Nantes-Atlantique ne réglerait pas la problématique des nuisances sonores subies par une partie de la population nantaise. Les médiateurs considèrent ces nuisances comme « significatives ». « Seul un programme exemplaire d’actions dédiées à la réduction de ces nuisances permettrait d’améliorer la situation », estime-t-il. Le survol d’une zone urbaine pose aussi un souci de sécurité aérienne, ajoute le rapport. Il relève également que les travaux nécessaires à la rénovation de la piste entraîneraient une fermeture d’activité d’une durée estimée à 9 semaines.

Image de synthèse du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
Image de synthèse du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes. - ©JFA

Les atouts de Notre-Dame-des-Landes. Le projet « écarte des zones urbanisées les nuisances aéroportuaires », souligne le rapport. Le site semble plus favorable aux entreprises du nord de la Loire et de la Bretagne, « plus nombreuses ». Le projet est par ailleurs jugé le plus à même de s’adapter à la « forte évolution du trafic aérien ». Un transfert permettrait, par ailleurs, de libérer 77 hectares de terrains à urbaniser « à l’emplacement de l’actuel aérogare et des parkings ».

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Les inconvénients de Notre-Dame-des-Landes. Le projet « accroît significativement l’artificialisation des espaces agricoles et naturels ainsi que l’étalement urbain », critique le rapport. L’atteinte des objectifs de compensation des impacts sur les milieux aquatiques est également considérée « incertaine » par le rapport des médiateurs. En outre, la construction d’un nouvel aéroport apparaît plus chère que la rénovation de Nantes-Atlantique : environ 940 millions d’euros (desserte en tram-train incluse) pour la première, entre 465 et 595 millions d’euros (desserte en tramway incluse) pour la seconde. L’écart pour l’Etat et les collectivités serait de 250 à 350 millions d’euros, mais le rapport reconnaît ne pas avoir pris en compte les indemnités dues à un Vinci en cas d’abandon du projet. Indemnités qui représenteraient a minima plusieurs dizaines de millions d’euros.

Quelle que soit l’option qui sera retenue d’ici fin janvier par le gouvernement, les médiateurs recommandent plusieurs mesures transitoires pour l’actuel aéroport Nantes-Atlantique : « alléger les nuisances sonores » en modifiant les approches aux atterrissages et en étudiant de nouvelles trajectoires, « réviser de manière urgente le plan de gêne sonore », « protéger les établissements scolaires », « mettre en place un réseau de stations de mesures réelles du bruit »…