Notre-Dame-des-Landes: Ce que l'on sait des premiers éléments du rapport des médiateurs

AEROPORT Le rapport des médiateurs, qui sera remis demain, a pris le temps d'étudier le réaménagement de Nantes-Atlantique...

Frédéric Brenon
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Image de synthèse du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
Image de synthèse du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes. — ©JFA
  • Rénover l’aéroport Nantes-Atlantique coûterait moins cher que de construire Notre-Dame-des-Landes.
  • Rénover Nantes-Atlantique obligerait à fermer la piste plusieurs semaines.
  • Le bilan environnemental d’une rénovation de Nantes-Atlantique serait légèrement plus favorable.

Le rapport des trois médiateurs travaillant depuis juin sur l’épineux dossier de Notre-Dame-des-Landes sera remis officiellement au gouvernement mercredi à 11h30. Pourtant, certains éléments d’expertises ont déjà fuité dans la presse ( Le Télégramme, Ouest-France, Presse Océan). Ils portent principalement sur l’option d’un réaménagement de l’aéroport Nantes-Atlantique. Que disent-ils ?

Rénover Nantes-Atlantique revient moins cher que Notre-Dame-des-Landes. D’après le rapport, une rénovation de l’actuelle plateforme en vue d’accueillir 9 millions de passagers [5 millions de passagers ont déjà été transportés en 2017] est estimée « entre 415 et 545 millions d’euros ». C’est nettement moins que les 740 millions d’euros estimés en 2013 par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) et nettement plus que les 175 millions d’euros évalués par L’Atelier citoyen des opposants au projet.

Au coût du réaménagement de Nantes-Atlantique, il faudrait ajouter les indemnités à verser au concessionnaire Vinci pour l’abandon du projet Notre-Dame-des-Landes. Ce montant, tenu secret et sujet à négociations, représente un surcoût de plusieurs dizaines de millions d’euros. L’Atelier citoyen des opposants l’a chiffré entre 150 et 250 millions d’euros. Selon ces scénarios, une rénovation de Nantes-Atlantique coûterait grosso modo entre 500 millions et 795 millions d’euros (hors desserte en tramway).

A titre de comparaison, le nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes est évalué à près d’un milliard d’euros (hors desserte en tram-train) dans une configuration similaire (9 millions de passagers). Moderniser et agrandir Nantes-Atlantique serait donc clairement moins cher. Pour rappel, le coût prévisionnel de Notre-Dame-des-Landes à l’ouverture (4 millions de passagers) était de 561 millions d’euros.

Une fermeture de plusieurs mois pour les travaux. Le rapport précise que rénover Nantes-Atlantique aurait aussi des inconvénients pour l’activité. Une fermeture de la piste serait en effet nécessaire afin de la moderniser. Le rapport indique qu’il faudrait probablement neuf semaines de fermeture. Celle-ci entraînerait une perte d’exploitation pour l’aéroport évaluée par le rapport à 35 millions d’euros. Pour mémoire, la DGAC estimait en 2013 qu’il faudrait fermer la piste au moins trois mois. Les opposants considèrent, eux, qu' aucune fermeture n’est nécessaire. Le rapport n’évalue pas l’impact de cette fermeture sur l’économie locale.

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Impact environnemental légèrement favorable à Nantes-Atlantique. Concernant le bilan carbone, le rapport des médiateurs avance qu’une rénovation de Nantes-Atlantique émettrait moins de gaz à effet de serre que la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Probablement seulement car il ne prend pas en compte les compensations carbone promises par les porteurs du projet, précise Ouest-France. Autre bon point pour Nantes-Atlantique : l’augmentation du trafic de l’actuel aéroport n’aurait pas de conséquence négative sur la faune du lac de Grand-Lieu, classé zone Natura 2000. En revanche, le rapport souligne qu’une éventuelle extension de la piste au sud entraînerait la destruction de plusieurs zones humides.

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Le rapport remis au gouvernement mercredi contiendra de nombreux autres éléments d’expertises (trafic, bruit, urbanisme, emplois…). Il recensera les avantages et les inconvénients des différentes options avec des recommandations pour chacune.