VIDEO. Hommage à Johnny Hallyday: Piaf, de Gaulle, Gabin... Les funérailles de ces personnalités ont rassemblé la France

CEREMONIE Ce samedi, des centaines de milliers de fans de Johnny Hallyday lui rendent un dernier hommage à Paris. le chanteur décédé à 74 ans n’est pas le premier Français à faire descendre autant de monde dans les rues pour ses funérailles…

F.H. avec AFP

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Les obsèques du général de Gaulle à Colombey-les-Deux-Eglises le 12 novembre 1970.
Les obsèques du général de Gaulle à Colombey-les-Deux-Eglises le 12 novembre 1970. — CINELLO/SIPA
  • En 1885, Victor Hugo a été le premier écrivain à bénéficier d’obsèques nationales jusqu’alors réservées aux plus hauts personnages de l’État.
  • Plus de 600.000 personnes se sont rassemblées pour l’enterrement de Maurice Thorez, leader historique du Parti communiste français.
  • Les obsèques de Jean Gabin ont été tumultueuses.

Des centaines de milliers de fans de Johnny Hallyday se sont réunis ce samedi sur les Champs-Elysées, la place de la Madeleine où va passer son cortège funéraire. Certains ont passé la nuit sur place. Le rockeur n’est pas la première célébrité à rassembler des milliers de Français dans les rues pour un hommage populaire.

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500.000 personnes pour Piaf

Victor Hugo a été le premier écrivain à bénéficier d’obsèques nationales jusqu’alors réservées aux plus hauts personnages de l’État. L’immense majorité des députés lui accorde les funérailles nationales, après sa mort le 22 mai 1885. Le 31 mai, son cercueil est déposé sous l’Arc de Triomphe. Le catafalque est barré des initiales « VH ». Le cortège, qui achemine, le 1er juin, sa dépouille, des Champs-Elysées au Panthéon, est suivi par deux millions de personnes, selon la presse de l’époque.

Une foule équivalente, toujours selon la presse d’alors, aurait accompagné la dépouille de Sadi Carnot, président de la République assassiné le 24 juin 1894 par un anarchiste, de Notre-Dame de Paris au Panthéon.

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Après sa mort, le 11 octobre 1963, Edith Piaf n’a pas eu droit à un hommage national, en raison de sa vie privée jugée dissolue par l’Église. Cela n’a pas empêché le peuple de Paris d’accompagner avec ferveur sa plus célèbre « môme ». Le convoi funèbre, parti de son domicile du boulevard Lannes (16e arrondissement de Paris) jusqu’au cimetière du Père Lachaise, a été suivi par 500.000 personnes. Au moins 40.000 sont ensuite venues lui rendre un dernier hommage au cimetière.

Le convoi de Maurice Thorez met trois heures à rejoindre le cimetière

Quatre jours après la mort subite du leader historique du Parti communiste français, Maurice Thorez, des centaines de milliers de personnes accompagnent sa dépouille jusqu’au cimetière du Père Lachaise, le 16 juillet 1964. Le parti annonce un million de participants au défilé, mais la plupart des observateurs, y compris des dirigeants communistes, évaluent la foule à 600 à 650.000, précise à l’époque l’AFP.

Le convoi qui s’ébranle devant le siège du Parti communiste, place Kossuth, dans le IXe arrondissement, mettra près de trois heures pour rejoindre le cimetière où un haut représentant du Parti communiste de l’URSS, Mikhail Souslov, prononcera l’éloge funèbre.

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Le 10 novembre 1970, le général de Gaulle meurt à Colombey-les-Deux-Eglises, terrassé par une crise cardiaque. Son testament précise qu’il ne veut pas d’obsèques nationales. Conformément à sa volonté, ses obsèques ont lieu deux jours plus tard en dehors de toute représentation officielle, à Colombey. Le gouvernement décrète un jour de deuil national et une cérémonie est célébrée à Notre-Dame-de-Paris. A l’intérieur de la basilique, se pressent 7.000 personnes, dont le président américain Richard Nixon, le prince Charles, le Premier ministre indien Indira Gandhi et le chah d’Iran. A l’extérieur, 70.000 personnes suivent la cérémonie depuis le parvis. Le même jour à Colombey, 50.000 personnes accompagnent le général jusqu’à sa dernière demeure.

Hystérie, bousculades… pour Jean Gabin

Le 17 novembre 1976, le catafalque de Jean Gabin est exposé au cimetière du Père Lachaise à Paris, avant son incinération. « Comme au spectacle, se poussant, se pressant “pour mieux voir”, une foule considérable, impossible à chiffrer », envahit toutes les allées du cimetière, « ne voulant pas quitter les alentours du crématorium, même une fois le cercueil enlevé », raconte l’AFP.

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« Cris d’hystérie, disputes, évanouissements, bousculades, tombes piétinées, service d’ordre débordé, rues entièrement bloquées autour du Père Lachaise, commencées dans le deuil et la dignité », les obsèques de Jean Gabin se poursuivent « dans le tumulte et la confusion, nés certes de la ferveur et de l’admiration, mais qui ont choqué nombre de participants et amis du grand comédien disparu », écrit l’AFP. Ces cendres sont dispersées deux jours plus tard en mer d’Iroise dans l’intimité.

Le 19 avril 1980, la dépouille de Jean-Paul Sartre est conduite de l’Hôpital Broussais, où il est mort, au cimetière du Montparnasse, en empruntant les grandes avenues du 14e arrondissement de Paris. Le cortège funèbre est suivi par une foule qui ne cesse de grossir, pour atteindre 50.000 personnes, dont beaucoup de jeunes. Au milieu des anonymes qui se sont spontanément réunis, on trouve Michel Rocard, Yves Montand, Simone Signoret. Quelques policiers en gants blancs entourent le corbillard, mais il n’y a pas de service d’ordre pour canaliser cette foule, silencieuse et recueillie, qui s’est réunie spontanément.