Activités de Lafarge en Syrie: L'ex-patron mis en examen pour «financement d'une entreprise terroriste»

JUSTICE Eric Olsen, 53 ans, DRH puis directeur général adjoint du groupe français Lafarge à l'époque des faits, a été placé sous contrôle judiciaire...

20 Minutes avec AFP

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Eric Olsen lors d'une conférence de presse le 3 mars 2017.
Eric Olsen lors d'une conférence de presse le 3 mars 2017. — Walter Bieri/AP/SIPA

Nouveau rebondissement dans l'enquête sur le financement par le cimentier en 2013 et 2014 de plusieurs groupes djihadistes en Syrie, parmi lesquels  l'organisation de l'Etat islamique (EI). L’ancien patron du groupe LafargeHolcim, Eric Olsen, a été mis en examen jeudi soir, a-t-on appris de source judiciaire.

Eric Olsen, 53 ans, directeur des ressources humaines puis directeur général adjoint du groupe français Lafarge à l’époque des faits, avant de devenir directeur général après la fusion avec le Suisse Holcim, a été mis en examen pour « financement d’une entreprise terroriste » et « mise en danger de la vie d’autrui » et placé sous contrôle judiciaire, a précisé cette source.

Deux autres responsables placés en garde à vue

Il avait été placé en garde à vue mercredi avec deux autres ex-responsables du groupe : Bruno Lafont, PDG de Lafarge de 2007 à 2015, et Christian Herrault, ancien directeur général adjoint chargé de plusieurs pays dont la Syrie. Les gardes à vue de Bruno Lafont et Christian Herrault sont toujours en cours, a précisé la source judiciaire.

Le cimentier est mis en cause notamment pour avoir acheté du pétrole à l’EI, en violation de l’embargo décrété par l’Union européenne en 2011, et pour lui avoir remis de l’argent via un intermédiaire, afin de continuer à faire tourner son usine de Jalabiya (nord du pays).

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De juillet 2012 à septembre 2014, la filiale syrienne (Lafarge Cement Syria, LCS) a versé environ 5,6 millions de dollars à diverses factions armées dont plus de 500.000 dollars à l’organisation d’Abou Bakr al-Baghdadi, d’après un rapport du cabinet américain Baker McKenzie.

La direction en France était-elle au courant ?

Il est aussi reproché à LCS de ne pas avoir assuré la sécurité de ses employés syriens, restés seuls sur place alors que la direction de l’usine avait quitté la Syrie à l’été 2012.

Les enquêteurs cherchent à savoir si la direction en France était au courant de la situation. Eric Olsen assistait aux réunions du comité de sûreté et a « participé pleinement aux discussions concernant la sécurité de l’usine LCS », soulignait le cabinet Baker McKenzie. Et Christian Herrault, qui a reconnu début 2017 que le groupe avait été victime d’une « économie de racket », a assuré « avoir régulièrement informé Bruno Lafont » et que ce dernier « n’avait émis aucune objection à l’époque », d’après ce document.

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Le scandale a éclaté en 2016, un an après la fusion avec Holcim. Eric Olsen, nommé directeur général de LafargeHolcim en avril 2015, a démissionné deux ans plus tard, tandis que Bruno Lafont n’a pas sollicité le renouvellement de son mandat d’administrateur et a aussi quitté la société. Sollicité, LafargeHolcim a indiqué qu’il « ne souhaitait pas commenter l’enquête en cours ».