Mutuelle: La ministre de la Santé dénonce l'annonce d'une augmentation de 2 à 4% des cotisations

SANTE Une négociation est en cours sur le «reste à charge zéro» pour les patients...

20 Minutes avec AFP

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Agnès Buzyn, Ministre des Solidarites et de la Sante le 8 septembre 2018.
Agnès Buzyn, Ministre des Solidarites et de la Sante le 8 septembre 2018. — SIPA

Ça ne passe pas. Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, a jugé mardi « malvenue » l’annonce par le président de la Mutualité française Thierry Beaudet d’une augmentation de 2 à 4 % des cotisations mutuelle en janvier alors qu’une négociation est en cours sur le « reste à charge zéro » pour les patients.

Cette « façon de procéder est malvenue »

« Je regrette un peu cette annonce puisque nous sommes en pleine négociation avec la Mutualité et avec les assureurs au sens large pour aller vers un reste à charge zéro [remboursement intégral] pour l’optique, le dentaire et les audioprothèses », a répondu la ministre, interrogée sur RMC/BFMTV sur les propos tenus par Thierry Beaudet sur la même antenne un peu plus tôt.

« Dans une négociation en cours, annoncer d’ores et déjà une augmentation des prix, c’est peut-être déjà anticiper » les discussions, a dit Agnès Buzyn, qui a jugé cette « façon de procéder (…) malvenue ». La ministre, qui a estimé qu’on « aurait pu (la) prévenir en amont », a annoncé qu’elle allait s’entretenir avec Thierry Beaudet « dans la journée ».

« Remboursements supplémentaires »

La Mutualité a précisé que son président avait évoqué des « remboursements supplémentaires portés à la charge des mutuelles et autres complémentaires » dans le budget de la sécurité sociale pour 2018, « sans aucun rapport avec les négociations en cours autour du reste à charge zéro ».

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Evalués « à près d’1 milliard d’euros », ce sont ces remboursements qui vont « immanquablement se répercuter sur les cotisations », a expliqué la Mutualité. « C’est précisément pour ces raisons » qu’elle souhaite voir les négociations progresser, notamment à propos des prix facturés par les professionnels de santé, a-t-elle assuré.

Les négociations à propos du reste à charge zéro, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, doivent permettre « d’identifier les paniers de soins qu’il faudrait prendre en charge à 100 % » et de « savoir ce qui sera à la charge des assureurs », à celle de la sécu et « ce que nous pouvons négocier sur les prix de fabrication » des lunettes et audioprothèses, a rappelé Agnès Buzyn.

A quand un un reste à charge zéro

« Sur le dentaire, les négociations avancent bien », a-t-elle dit, espérant pouvoir faire des annonces « courant 2018 ». Quant à l’optique et aux audioprothèses, « deux filières que nous mettons à plat complètement » via des négociations débutées en novembre, « des annonces » sont espérées pour le projet de budget de la sécu 2019. « Je ne suis pas certaine qu’on aboutira à un reste à charge zéro pour la totalité des trois prises en charge mais on aura au moins un cadre bien défini pour continuer les négociations », a-t-elle ajouté.

Fin octobre, Agnès Buzyn avait précisé que le reste à charge zéro ne concernerait pas « toutes les lunettes, audioprothèses et prothèses dentaires », trois postes mal pris en charge par la sécurité sociale, mais seulement certaines offres.