Côte d'Azur: A la frontière italienne, un nombre record de passeurs interpellés

FRONTIERE Près de 350 personnes ont été arrêtées cette année... 

M.F. avec AFP

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Contrôle de police sur un véhicule au péage de la Turbie, dans les Alpes-Maritimes, à la frontière franco-italienne, le 16 mai 2015
Contrôle de police sur un véhicule au péage de la Turbie, dans les Alpes-Maritimes, à la frontière franco-italienne, le 16 mai 2015 — Jean Christophe Magnenet AFP

Un par jour. C’est le nombre record de passeurs interpellés cette année à la frontière franco-italienne près de Menton, soit 350 cette année, a indiqué lundi le préfet des Alpes-Maritimes Georges-François Leclerc.

« Les passeurs entre Vintimille et la France, nous les interpellons et nous les punissons. A ce stade, nous avons interpellé et mis à la disposition de la justice, qui a d’ailleurs une jurisprudence très sévère, 350 passeurs, ce qui est un record, quasiment un par jour », a déclaré sur France Bleu Azur Georges-François Leclerc.

Une vague de passages en provenance de Tunisie

Le nombre d’interpellations à la frontière devrait aussi atteindre un record cette année, à près de 50.000 selon la préfecture. A Vintimille, les migrants témoignent qu’ils tentent leur chance, sont interpellés et reconduits plusieurs fois en Italie où le taux de réadmission, le taux de renvoi en Italie, est de 98 %. « Ce sont des personnes qui viennent de toute l’Afrique et qui cherchent à vivre en Occident. Nous les remettons en Italie », a ajouté Georges-François Leclerc.

Depuis l’été, la police a noté une vague de passages en provenance de Tunisie : l’activité du tribunal correctionnel de Nice a été décuplée début octobre pour juger en comparution immédiate jusqu’à dix passeurs tunisiens par jour, infligeant des peines dissuasives de 4 mois à trois ans de prison ferme, selon le parquet.

Une plainte pour « injure publique »

Selon Georges-François Leclerc, « le dispositif qui est à la frontière est à la fois efficace, coopératif avec les Italiens, et humain contrairement à ce que disent beaucoup. (…) Beaucoup de critiques sont adressées aux forces de l’ordre sur les conditions des interpellations et je peux vous dire qu’ils mettent un soin particulier à ce que ces interpellations se passent dans de bonnes conditions avec des procédures soignées et qui respectent parfaitement la loi. Il nous arrive aussi de secourir les étrangers avant de les réadmettre », a défendu le préfet, désavoué par deux fois par la justice administrative qui a constaté en mars et en septembre des cas de violation du droit d’asile.

Le préfet a assigné en justice pour « injure publique » le militant des droits des migrants Cédric Herrou, agriculteur dans la Roya, qu’il accuse d’avoir dressé un parallèle entre le traitement des migrants demandant l’asile et celui des Juifs sous l’Occupation. L’affaire sera jugée le 16 avril 2018.