La vitesse limitée à 80km/h en 2018 sur les nationales et départementales?

SECURITE ROUTIERE Selon « Le Point » la décision de limiter la vitesse à 80km/h sur le réseau secondaire dès 2018 aurait déjà été arbitrée par Matignon…

C.P.

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Installation d'un panneau de limitation de vitesse, le 30 mai 2011, sur une route près de la commune de Proyart
Installation d'un panneau de limitation de vitesse, le 30 mai 2011, sur une route près de la commune de Proyart — Philippe Huguen AFP

En 2018, les automobilistes devront-ils lever le pied sur les nationales et les départementales? Selon les informations du Point, la limitation de la vitesse à 80km/h (contre 90km/h aujourd’hui) a d’ores et déjà été décidée par Matignon avant la tenue en janvier d’un Conseil interministériel de la sécurité routière (CISR) qui devrait l’entériner.

Dans le détail, cette limitation abaissée de 10 km/h « sera circonscrite aux seules routes bilatérales, c’est-à-dire celles ne présentant pas de séparation centrale (rail ou muret) entre les deux voies », explique Le Point. Selon Le Parisien, cela concernerait «plus de la moitié des routes nationales (N), soit 5.335 km, et l’immense majorité des départementales, soit 377.500 km.»

Cinq fois plus de risques d’être tués sur ces axes

Plusieurs experts en sécurité routière pointent du doigt la dangerosité de ce réseau secondaire, utilisé au moins une fois par semaine par 83 % des automobilistes : « alors qu’elles accueillent 50 % du trafic routier, les départementales et nationales ont été le théâtre de 63 % des accidents mortels en 2015 », indiquait en avril 2016 à 20 Minutes Eric Lemaire, président d’Axa Prévention.

« On a cinq fois plus de risques d’être tué sur une route départementale ou nationale que sur autoroute », renchérissait Claude Got, expert en sécurité routière. « Alors que les autoroutes trient les véhicules (camions et conducteurs lents sur la voie de droite), ces routes mélangent tous les véhicules, ce qui augmente de facto les risques. Il est par exemple plus dangereux de doubler un camion lorsqu’il n’y a qu’une voie », soulignait Eric Lemaire.

Une mesure polémique

Pour la présidente de la Ligue contre les violences routières, Chantal Perrichon, cette mesure, déjà appliquée dans plusieurs pays comme l’Irlande, la Suisse, les Pays-Bas ou le Danemark, permettrait de réduire la mortalité sur ces routes : « Lorsque vous baissez la vitesse moyenne de 1 %, vous avez 4 % de tués en moins, comme on le constate dans tous les pays qui ont appliqué cette baisse », a-t-elle rappelé à BFMTV.

Du côté le président de l’association 40 millions d’automoblistes dénonce au contraire une mesure inefficace destinée à renflouer les caisses de l’État en multipliant le nombre d’automobilistes flashés. Son président Pierre Chasseray a lancé une pétition en ligne pour que la vitesse reste limitée à 90km/h.

Contacté vendredi par Le Parisien, le ministère de l’Intérieur tente de temporiser : « il ne s’agit que d’une piste parmi d’autres. Le gouvernement sait qu’il faut des mesures qui bousculent si l’on veut avoir des résultats en termes de sécurité routière mais, pour l’heure, rien n’est tranché », explique-t-on place Beauvau