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JUSTICETrois cadres du cimentier Lafarge mis en examen

Activités de Lafarge en Syrie: Trois cadres mis en examen pour «financement d'une entreprise terroriste»

JUSTICELafarge est soupçonné d’avoir indirectement financé des organisations djihadistes, dont le groupe de l’Etat islamique, pour continuer à faire fonctionner sa cimenterie en Syrie…
Lafarge est un groupe français de matériaux de construction, leader mondial dans son secteur.
Lafarge est un groupe français de matériaux de construction, leader mondial dans son secteur.  - FRANCK FIFE / AFP
20 Minutes avec AFP

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L’enquête sur les activités de Lafarge en Syrie, soupçonné d’avoir indirectement financé le groupe de l'Etat islamique, a pris une nouvelle tournure ce vendredi. Trois cadres ont été mis en examen pour « financement d’une entreprise terroriste ».

Après 48 heures de garde à vue, Bruno Pescheux, directeur de l’usine syrienne de 2008 à 2014, Frédéric Jolibois, qui avait repris la direction du site à partir de l’été 2014, et Jean-Claude Veillard, directeur sûreté chez Lafarge, avaient été conduits vendredi matin au tribunal de Paris.

Un dossier hors norme

Bruno Pescheux, directeur de l’usine de 2008 à 2014, et Jean-Claude Veillard, directeur sûreté chez Lafarge, ont été mis en examen pour « financement d’une entreprise terroriste » et « mise en danger de la vie d’autrui ». Frédéric Jolibois, directeur du site à partir de l’été 2014, avait été mis en examen un peu plus tôt dans la journée « financement d’une entreprise terroriste », « violation du règlement européen » concernant l’embargo sur le pétrole syrien et « mise en danger de la vie d’autrui », a annoncé son avocat Jean Reinhart.

Dans ce dossier hors norme, le groupe est soupçonné d’avoir pactisé avec des groupes jihadistes, dont l’organisation d’Abou Bakr al-Baghdadi - qui est derrière les attentats les plus meurtriers commis en France ces dernières années - pour continuer à faire fonctionner en 2013 et 2014 son usine de Jalabiya (nord de la Syrie).

La justice soupçonne Lafarge, qui a fusionné en 2015 avec le Suisse Holcim, d’avoir fait transmettre de l’argent au groupe EI contre l’obtention de laissez-passer pour ses employés. Il lui est aussi reproché de s’être, sous couvert de faux contrats de consultants, approvisionné en pétrole auprès de l’organisation qui avait pris le contrôle de la majorité des réserves stratégiques du pays à partir de juin 2013.

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