Nos six conseils pour optimiser son stage d'observation de 3e

EDUCATION Lors du mois de décembre, de nombreux collégiens vont découvrir pour la première fois le fonctionnement d’une entreprise…

Delphine Bancaud

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Une séance de travail en entreprise.
Une séance de travail en entreprise. — Pixabay/free photoss
  • Le stagiaire doit se montrer curieux, poli et dynamique, sans pour autant trop s’imposer. Un équilibre délicat.
  • Il doit travailler un peu chaque jour sur son rapport de stage pour ne pas se laisser déborder ensuite.

Décembre, c’est le mois où de nombreux élèves de 3e effectuent leur stage d’observation en entreprise ou dans un établissement public. Un moment important dans la scolarité des collégiens, mais qui n’est pas toujours facile à aborder. L’occasion pour 20 Minutes de délivrer aux futurs stagiaires quelques conseils pour que leur première expérience dans le monde professionnel soit optimale.

1) Bien préparer sa venue avant le jour J

Découvrir pour la première fois une entreprise, c’est impressionnant. Pour ne pas être dans ses petits souliers le premier jour du stage, mieux vaut bien baliser le terrain. « L’idéal est d’aller faire signer sa convention de stage une semaine avant le début de celui-ci. Cela permet de calculer son temps de transport pour s’y rendre, de repérer le code vestimentaire de l’entreprise et surtout d’établir un premier contact avec son maître de stage », explique Virginie Salmen, co-fondatrice de ViensVoirMonTaf, une association qui met en relation des élèves issus de quartiers défavorisés et des entreprises prêtes à les accueillir.

Si ce n’est pas possible, le stagiaire doit impérativement appeler son maître de stage quelques jours avant, conseille Ferroudja Kaci, conseillère au Cidj (Centre d’information et de documentation de la jeunesse) de Paris : « Il est nécessaire de lui demander quand il faut arriver sur place, s’il faut apporter son déjeuner… ». « Et avant le jour J, il faut surfer sur le site de l’entreprise pour comprendre ses activités et se préparer une liste de questions à poser à ses futurs interlocuteurs », complète Dany-Christine Marin, directrice des programmes à United Way Tocqueville France, une association qui propose des stages aux collegiens de REP dans des grandes entreprises

2) Adopter la bonne attitude pour s’intégrer rapidement

Pour que le stage se passe bien, le premier impératif est de ne pas y aller en traînant des pieds, insiste Dany-Christine Marin : « Il faut l’aborder dans un état d’esprit positif et non craintif. Car l’entreprise qui accueille des jeunes, le fait avec bienveillance ». Pour faire bonne impression dès le départ, rien de tel que de se présenter à l’ensemble des membres du service. « L’idéal est de dire d’emblée à son maître de stage quels types de professionnels on aimerait rencontrer en priorité », indique Virginie Salmen. Lors des entretiens qui vont se succéder dans la journée, le collégien doit se montrer curieux. « Il ne doit pas hésiter à poser des questions sur le parcours des gens qu’ils rencontrent, la formation qu’ils ont suivie, les avantages et les contraintes de leur métier. Car généralement les professionnels adorent se raconter », constate Virginie Salmen. « Il faut se montrer ouvert, même si les métiers présents dans l’entreprise ne correspondent pas au projet d’orientation du collégien. Ce stage, c’est de toute façon, pour lui l’occasion d’apprendre les codes de l’entreprise. Il doit être conscient de cet intérêt », ajoute Dany-Christine Marin.

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3) Eviter les grosses gaffes

Le savoir être est crucial en entreprise. « Il est donc impératif de laisser son portable et son chewing-gum à la porte de l’entreprise », insiste Dany-Christine Marin. « Et même si cela peut paraître évident, je rappelle aux futurs stagiaires de 3 qu’ils ne doivent pas regarder des films sur leur écran, s’endormir sur leur bureau, prendre trop leurs aises ou a contrario, être enfermés dans leur timidité », complète Ferroudja Kaci. A propos de timidité, Virginie Salmen recommande toujours aux collégiens de bien regarder leurs interlocuteurs dans les yeux, même si cela leur coûte. Histoire de ne pas laisser une mauvaise impression d’eux-mêmes. « Rédhibitoires aussi, les stagiaires qui partent le soir sans prévenir personne », note Dany-Christine Marin. « Il ne faut pas être en mode détente et toujours se souvenir du contexte professionnel dans lequel on se trouve », résume Virginie Salmen.

4) Savoir réagir quand l’ennui pointe son nez

En entreprise, c’est souvent le rush. Et les maîtres de stage ne sont pas toujours aussi disponibles qu’ils le souhaiteraient. « Le stagiaire peut lui proposer son aide. Mais sans insister trop non plus », recommande Virginie Salmen. « Il peut aussi prendre des initiatives, en faisant part à son maître de stage les services de l’entreprise qu’il souhaiterait visiter. Ou carrément aller voir d’autres salariés pour leur demander s’il est possible de s’entretenir un court instant avec eux », ajoute Ferroudja Kaci.

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5) Anticiper la rédaction de son rapport de stage

Il ne faut pas attendre le dernier jour du stage pour prendre des notes, mais le faire quotidiennement dans son carnet de bord, histoire que les souvenirs soient frais. « Et lors des entretiens que le collégien a avec des professionnels, il doit prendre des notes et pourquoi pas même faire des photos et des vidéos », conseille Virginie Salmen. Avoir une trame de questions toutes prêtes sous les yeux peut faciliter la tâche. Et bien sûr, il est impératif de noter systématiquement les noms et les fonctions de ses interlocuteurs. Le stage de cinq jours étant particulièrement court, il faut aussi rentabiliser le temps le plus possible « en profitant des moments de creux pour se renseigner sur l’histoire et le fonctionnement de l’entreprise », poursuit Virginie Salmen. Autre conseil de Ferroudja Kaci : « dans un rapport de stage, il faut essayer de sortir du descriptif du fonctionnement de l’entreprise pour exprimer ses propres impressions. Le collégien doit donc les noter au fur et à mesure pour bien s’en rappeler ensuite », insiste-t-elle.

6) Savoir remercier son maître de stage pour lui laisser un bon souvenir

Quand l’heure du départ a sonné, le stagiaire doit savoir remercier ses hôtes du temps qu’ils ont bien voulu lui consacrer. « Beaucoup de stagiaires de 3e apportent un petit cadeau à leur maître de stage le dernier jour, mais ce n’est vraiment pas indispensable. En revanche, c’est toujours agréable pour lui de savoir ce que le collégien a particulièrement apprécié dans cette expérience », précise Virginie Salmen. Envoyer son rapport de stage à son maître de stage est d’ailleurs un geste apprécié. « Mais le jeune peut aussi garder contacte avec lui en lui envoyant un mail de temps en temps, en lui demandant conseil sur son orientation future ou en l’invitant à sa soutenance de mémoire », indique Dany-Christine Marin. Ou pourquoi pas en lui redemandant un stage plus long quelques années plus tard…