Terrorisme: «Il n'y a plus de filières» de départs djihadistes vers l'Irak et la Syrie

RADICALISATION La France a, jusqu’ici, officiellement recensé 286 morts français en Irak et en Syrie…

20 Minutes avec AFP

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Une image d'archives datant de 2014 de Daesh à Raqa en Syrie
Une image d'archives datant de 2014 de Daesh à Raqa en Syrie — Uncredited/AP/SIPA

La menace terroriste a baissé en France notamment parce qu’il « n’y a plus de filières » d’acheminement des djihadistesen Irak ou Syrie, d’où ils pourraient ensuite revenir, a estimé jeudi le chef de l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat).

La menace terroriste « a baissé notamment parce qu’il n’y a plus de personnes qui partent maintenant sur les théâtres d’opérations », a expliqué Loïc Garnier en intervenant lors d’un colloque sur la radicalisation dans le sport organisé à Paris. La menace sécuritaire en France est aujourd’hui davantage portée par « les gens qui sont chez nous maintenant, qui sont radicalisés et qui passent à l’acte », a-t-il ajouté.

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« On parle de tarissement des filières, moi j’ai tendance à vous dire, il n’y a plus de filières, tout simplement pour aller où ? Pour aller en Syrie et en Irak, c’est trop tard ». Par ailleurs, « nous ne constatons pas de volonté de départ de Français » de France vers la Libye, où le groupe « État islamique (EI) aura bien du mal à s’installer (…) pour des raisons tribales et de partage de la ressource pétrolière ».

Ceux qui reviennent en France sont « surtout des femmes avec enfants »

Loïc Garnier a par ailleurs précisé que si la France a jusqu’ici officiellement recensé 286 morts français en Irak et en Syrie, « la réalité des combats » qui ont peu à peu délogé Daesh des territoires qu’il contrôlait là-bas « nous incite à penser que nous sommes plus proches des 400 ou 450 décédés ». Les autres combattants français iront eux « probablement au Yémen, en Libye par exemple ». Ceux qui reviennent aujourd’hui en France sont « surtout des femmes avec enfants » souvent jeunes qui pendant « 3, 4, 5 ans ont vécu dans un univers de violence ».

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Ces enfants « ne sont pas formatés comme nous » et serons « bien difficiles à récupérer ». « Les psychiatres ont l’habitude de dire que, en gros, jusqu’à l’âge de 6 ans on peut les récupérer, les reformater. Après, c’est très difficile et toute la violence intrinsèque qui les a formés depuis leur naissance ressortira d’une manière ou d’une autre ». « Peut-être que les choses rentreront dans l’ordre » chez certains enfants, « mais il faut être réaliste et se dire que potentiellement c’est un gros danger », a-t-il conclu.