Proposition de loi sur la résidence alternée: «Faire mes valises toutes les semaines, j'ai détesté ça»

VOUS TEMOIGNEZ «20 Minutes» a donné la parole à des internautes pour lesquels la résidence alternée fut un échec...

D.B.

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Un père et sa fille.
Un père et sa fille. — PIXABAY/picturemom
  • Le député Modem Philippe Latombe a déposé une proposition de loi visant à généraliser le principe de la garde alternée en cas de séparation.
  • Certains de nos lecteurs expliquent que les tensions régnant entre eux et leur ex-conjoint rendent la garde alternée difficile.
  • D’autres estiment que le changement fréquent de domicile de l’enfant est usant pour lui.

Un enfant de couple divorcé sur cinq vit en résidence alternée. Ce mode de garde anime actuellement le débat parlementaire via une proposition de loi controversée du MoDem, qui pose la résidence alternée comme principe de base en cas de séparation des parents. Ce texte sera débattu à l’Assemblée jeudi. Malgré la difficulté que peuvent poser les séparations, les choses se passent souvent bien. Mais 20 Minutes a voulu donner la parole aux lecteurs qui ont expérimenté la résidence alternée er qui estiment qu’elle n’a finalement pas été une bonne solution.

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Plusieurs témoignages imputent cet échec aux tensions qui demeurent entre les parents après la séparation. C’est ce qu’évoque Sandra qui raconte qu’entre son ex-conjoint et elle, il n’existait « aucune communication positive et constructive autour du suivi scolaire de l’enfant, de sa santé, de ses activités extrascolaires… ». De son côté Enora, qui était victime d'un ex-conjoint maltraitant, vit très mal la garde alternée de leur enfant. « La pratique de l’exercice conjoint de l’autorité parentale avec lui est abominable, il fait feu de tout bois. Il me contrôle, me dénigre, téléphone tous les jours et si je refuse de lui parler, il demande à notre enfant de me poursuivre avec le téléphone et il crie ». Aurélie, qui a partagé la garde de son fils avec son ex-conjoint, estime aussi qu’il s’est souvent servi de son enfant « comme moyen de pression » sur elle.

« Il était brillant en classe et ses résultats ont chuté »

Parfois l’obligation pour les deux parents partageant la garde de l’enfant d’habiter à proximité l’un de l’autre pose problème, comme le souligne Enora : « Cette résidence alternée m’assigne à résidence près de lui, il habite à 1 km. Cette résidence alternée m’entrave dans ma recherche d’emploi puisque si je pars, je perds la garde », indique-t-elle. « Et avec des enfants qui vont et viennent difficile de refaire ça vie », estime Olivier.

Plus radicaux, certains parents mettent en doute l’intérêt de la résidence alternée pour les enfants, à l’instar de Jessica : « Ma fille de 5 ans doit donc changer son rythme de vie sur des périodes d’alternance très longues pour une enfant de son âge, une semaine sur deux alors que son père ne peut pas la récupérer aussi tôt que moi et demande donc à des tiers de s’en occuper ». Idem pour Florence : « Mon fils l’a subie de 13 à 16 ans. Conséquences : il était brillant en classe et ses résultats ont chuté. Il n’en pouvait plus de faire ses valises tous les week-ends. Quel adulte supporterait ça ? Depuis la rentrée il est à plein-temps avec moi et son comportement est beaucoup plus stable », confie-t-elle.

« Sur le papier c’est sympa mais la réalité est toute autre »

Même son de cloche de la part de Sandra : « On impose aux enfants de s’adapter en permanence à des règles, des rythmes différents avec pour conséquences un retentissement sur leur bien-être psychologique et physique. On a beau habiter pas loin, cela impose tout de même aux enfants de transporter leurs livres scolaires, leurs effets personnels (doudou par exemple) avec des oublis récurrents ». Christel est encore plus sévère : « Sur le papier c’est sympa mais la réalité est toute autre. Les enfants ont besoin de stabilité. Pour avoir essayé ca ne fonctionne pas ».

De son côté, Tiffanie qui a connu la résidence alternée avec son frère, en garde un mauvais souvenir : « Faire mes valises toutes les semaines, trimballer la caisse de livres d’école (j’étais au collège à ce moment-là) je pense qu’a cet âge-là, on a besoin de stabilité mais bon franchement j’ai détesté !!! et mon frère aussi », se souvient-elle. Ce qui n’est heureusement pas le cas de tous les enfants dans cette situation…