Unef: 83 adhérentes dénoncent des violences sexistes et sexuelles

VIOLENCES SEXUELLES « Comment avons-nous pu militer avec tant d’énergie et d’abnégation dans une organisation en laissant les femmes, nous-mêmes, y endurer de telles violences ? », s'interrogent-elles...

20 Minutes avec AFP

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Une manifestation du syndicat étudiant Unef en 2008.
Une manifestation du syndicat étudiant Unef en 2008. — Patrick Kovarik AFP/Archives

La tribune a été signée par 83 anciennes syndicalistes de l’Union nationale des étudiants de France (Unef). Toutes ont dénoncé ce mardi dans le journal Le Monde des violences sexistes et sexuelles, dont des viols, commis selon elles pendant des années par des dirigeants de l’organisation.

« Comment avons-nous pu militer avec tant d’énergie et d’abnégation dans une organisation en laissant les femmes, nous-mêmes, y endurer de telles violences ? », interrogent ces anciennes militantes ou cadres signataires d’une tribune publiée par le Monde, avec leur prénom et l’initiale de leur nom de famille.

« Nous osons désormais nous aussi dénoncer ces violences »

Leur prise de position survient après un premier article du Monde révélant les comportements sexistes de l’Unef, aujourd’hui deuxième syndicat étudiant. Selon l’enquête du quotidien, les comportements machistes y remontent aux années 1980 et se sont amplifiés au milieu des années 2000.

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Depuis une quinzaine de jours, les témoignages affluent au sein de l’organisation syndicale, au point qu’une boîte mail spéciale a été ouverte pour les recueillir, rapporte le quotidien. « Nous osons désormais nous aussi dénoncer ces violences et leur ampleur systémique », écrivent les signataires de la tribune parue quelques semaines après la révélation du scandale Weinstein.

Des viols commis sur des « proies, parfois très jeunes »

Elles racontent que pendant des années, « au quotidien, la mentalité viriliste écrasait les valeurs progressistes » qu’elles défendaient, notamment « à travers une expression exacerbée de la domination physique et sexuelle ». « Nombreux étaient ceux qui vantaient la toute-puissance qu’ils exerçaient sur leur partenaire, se gaussant de pratiques dégradantes dans le but de briller devant leurs congénères et d’accentuer toujours un peu plus le mal-être de leur auditoire féminin », témoignent-elles.

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« Combien de fois nous a-t-on demandé les numéros de téléphone de jeunes camarades ? Combien de fois avons-nous refusé ? », écrivent les signataires, selon lesquelles des viols ont aussi été commis sur des « proies, parfois très jeunes » par quelques hommes de l’organisation. Elles assurent qu’elles aideront celles qui décideront de porter plainte contre leurs agresseurs.