Villiers-le-Bel: Dix ans après les émeutes, «il y a toujours autant de difficultés»

BANLIEUE Un rassemblement sera organisé ce samedi après-midi en hommage aux deux jeunes tués, Mouhsin et Laramy…

H. B.

— 

La moto de l'accident à Villiers-le-Bel (Val d'Oise), le 25 novembre 2007.
La moto de l'accident à Villiers-le-Bel (Val d'Oise), le 25 novembre 2007. — AFP PHOTO/MARTIN BUREAU

Il y a 10 ans jour pour jour, le 25 novembre 2007, de violentes émeutes éclataient à Villiers-le-Bel (Val-d’Oise) après la mort de deux adolescents à moto, entrés en collision avec une voiture de police. Lors de ces nuits de troubles, près de 90 policiers ont été blessés par arme à feu, une école et une bibliothèque incendiées, de nombreux commerces cassés… Dix ans après ces violences urbaines, qu’est-ce qui a changé ?

« Dix ans après les émeutes, la situation sociale des habitants ne s’est pas améliorée, malgré tout ce qui a été fait pour rénover les quartiers et rapprocher la police de la population », estime le maire (DVG) depuis 2012, Jean-Louis Marsac.

« Les émeutes ont aggravé la discrimination à l’embauche »

« Le chômage dans le quartier des Carreaux est toujours aussi élevé. Chez les jeunes, il frôle les 40 %. Les émeutes ont aggravé la discrimination à l’embauche, à l’adresse, et puis il y a eu la crise financière de 2008. Or, chez nous, les jeunes qui trouvent à s’employer c’est souvent sur les emplois précaires, dans la sécurité ou le nettoyage des avions [la commune est proche de l’aéroport de Roissy]. Et ces emplois-là sont les premiers qui sont supprimés en cas de crise », explique également le maire.

>> A lire aussi : Au procès de Villiers-le-Bel, le récit clinique d'un «dramatique accident»

« Avec pour conséquence le développement d’une économie parallèle, qui pourrit la vie des gens. Car même si la cage d’escalier est propre, quand un trafic de stups s’y installe ou que leur parking tout neuf est squatté par un atelier de mécanique sauvage, les gens n’ont pas le sentiment que la situation s’est améliorée », déplore Jean-Louis Marsac.

« Ce qui s’est passé il y a dix ans est une tragédie que personne ne peut oublier »

Pour marquer ce triste anniversaire, l’association Jump organise ce samedi après-midi une commémoration pour rendre hommage aux deux adolescents tués, Mouhsin et Laramy. « On est des amis d’enfance. C’est important de se réunir, de commémorer pour eux, pour nous. Ce qui s’est passé il y a dix ans est une tragédie que personne ne peut oublier. Ça fait partie de notre histoire. On prévoit une commémoration en leur nom, pas pour les dix ans des émeutes ! », a expliqué au Parisien Manelle, la présidente de l’association.

Après l’hommage devant la stèle, une conférence sera organisée à la maison de quartier Salvador-Allende, en présence d’Amel Bentousi, militante contre les violences policières et Mara Kanté, accusé d’avoir tiré sur les policiers lors des deux nuits d’émeutes qui ont suivi la mort des adolescents.