Activités sportives: Comment expliquer les différences de pratiques entre les femmes et les hommes?

SPORT Stéréotypes, dépassement de soi, organisation familiale... De nombreux éléments expliquent pourquoi les femmes n'ont pas les mêmes pratiques physiques ou sportives que les hommes, relève une étude de l'Insee...

M.B.

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Illustration course à pied ou jogging.
Illustration course à pied ou jogging. — OJO Images / Rex Featur/REX/SIPA
  • Une étude de l’Insee publiée ce jeudi montre que les femmes sont de plus en plus nombreuses à faire du sport.
  • L’écart avec les hommes se réduit drastiquement sauf chez les 16-24 ans.
  • Les stéréotypes de genre maintiennent les différences dans le choix des disciplines.

Les Françaises sont de plus en plus nombreuses à exercer une activité physique ou sportive. C’est l’Insee qui le détaille dans une étude publiée ce jeudi. Si les pratiques entre les femmes et les hommes ont tendance à se rapprocher, de nombreuses différences persistent. On fait le point sur quatre indicateurs marquants.

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1-Les écarts entre femmes et hommes diminuent au global

L’évolution est indéniable. En 2015, en dehors des obligations scolaires et professionnelles, 45 % des femmes âgées de 16 ans ou plus résidant en France métropolitaine déclaraient avoir exercé au moins une activité physique ou sportive au cours de l’année écoulée. C’est cinq points de mieux par rapport à 2009.

A l’inverse, chez les hommes la proportion stagne à 50 %. Signe de l’intérêt accru des femmes, 32 % en faisaient chaque semaine en 2015, soit six points de plus qu’en 2009. Un accroissement de la pratique régulière qui touchait toutes les classes d’âge.

2-C’est chez les jeunes que l’écart est le plus élevé entre les deux sexes

« Les écarts entre femmes et hommes sont particulièrement marqués parmi les plus jeunes », constatent François Gleizes et Emilie Pénicaud de l’Insee. Si 50 % des femmes âgées de 16 à 24 ans déclaraient en 2015 avoir fait du sport au moins une fois dans l’année, et 33 % chaque semaine, la proportion chez les hommes de la même classe d’âge grimpait respectivement à 63 % et 45 %.

Comment expliquer une telle différence ? Plusieurs raisons peuvent être apportées au regard de récentes enquêtes citées par l’Insee : la lassitude, le manque de temps, les difficultés de transport ou l’insatisfaction liée à l’ambiance. Les jeunes filles peuvent aussi être découragées par un manque d’offres ou de créneaux horaires attrayants. Résultat, elles sont nombreuses à se détourner du sport au profit d’autres activités plus culturelles ou artistiques.

Si entre 25 et 30 ans, les femmes sont bien moins nombreuses que les hommes à exercer une activité, c’est sans surprise par manque de temps au moment « où se conjuguent souvent entrée sur le marché du travail et constitution d’une famille. En effet, les femmes continuent de consacrer en moyenne plus de temps que les hommes aux tâches ménagères et parentales. » A cela - l’étude de l’Insee n’en parle pas, mais on prend le risque de s’avancer -s’ajoute certainement «la charge mentale». Autre explication avancée : la faible médiatisation du sport féminin.

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3-Les stéréotypes de genre maintiennent les différences dans le choix des disciplines

Incroyable, mais vrai. En 2014, près d’une personne sur deux adhérait à l’idée que « certains sports conviennent mieux aux filles qu’aux garçons ». Et pour cause, « l’activité sportive choisie par les enfants ou leurs parents est souvent fonction des valeurs qu’elle véhicule : grâce, souplesse, agilité pour les filles ; endurance, rapport de force et esprit de compétition pour les garçons », d’après une enquête notée par l’Insee.

Dans ce contexte, pas étonnant que les femmes soient largement minoritaires (seulement un pratiquant sur 3) parmi les adeptes du tennis, du squash, du badminton ou du ping-pong. La situation est pire encore avec un pratiquant sur 5 qui est une femme dans les sports collectifs comme le foot, le basket, le hand, le volley… Les femmes sont en revanche surreprésentées dans la danse (62 %) et dans la gymnastique (79 %).

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4-Les compétitions sont l’apanage des hommes

L’écart est énorme. Quand 52 % des hommes en 2015 ayant fait du sport au moins une fois dans l’année ont participé à une compétition sportive, la proportion chute à 17 % chez les femmes. Chez les femmes comme chez les hommes, c’est parmi les jeunes de 16 à 24 ans que la participation à une compétition sportive est la plus élevée : 35 % des femmes et 69 % des hommes exerçant régulièrement une activité de manière encadrée.

D’après l’Insee, des différences de motivation chez les jeunes « peuvent en partie expliquer la moindre pratique compétitive féminine, les hommes déclarant chercher davantage à dépasser leurs limites.

Une autre enquête citée par l’Insee avance d’autres raisons : « en 2014 pour 60 % des personnes interrogées la moindre participation des filles à la compétition sportive s’explique par un manque d’encouragement, et non par un manque de capacités suffisantes ou un défaut de goût pour la compétition. »