Edouard Philippe appelle à «prendre au corps» la question des violences sexuelles

SOCIETE Le Premier ministre a également mis en garde contre l'action dans l'urgence ou «l'émotion» et rappelé la présomption d'innocence...

20 Minutes avec AFP

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Le Premier ministre Edouard Philippe, le 20 octobre 2017 à Bordeaux
Le Premier ministre Edouard Philippe, le 20 octobre 2017 à Bordeaux — UGO AMEZ/SIPA

« Un fait social » qu’il faut « essayer de corriger ». Le Premier ministre Édouard Philippe a considéré mercredi que « la société doit prendre de face, au corps, la question des violences sexuelles », lors d’un entretien à Mediapart [article payant].

« Il y a une libération de la parole, une intention collective, il y a une attention qui fait qu’il y a peut-être de nouveaux "process" qui se mettent en place, d’écoute, et de contrôle, tant mieux », a salué le Premier ministre.

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« On voit qu’aucun milieu n’est véritablement indemne, donc on n’est pas dans la dérive d’un milieu, mais dans quelque chose de plus général, un fait social (..) qu’il faut dépiauter (…) et essayer de corriger ». « Ca passe par des mesures pénales, par la capacité qu’on a à saisir la justice, mais si on décrit le phénomène comme un fait social, c’est bien plus complexe que simplement » des procédures judiciaires, a encore estimé le Premier ministre.

Emmanuel Macron doit s’exprimer samedi sur le sujet

Après avoir appelé à faire des efforts sur « l’éducation », Edouard Philippe a fait observer que de précédentes affaires en France n’avaient « pas donné grand-chose », en citant notamment les accusations portées contre l’ex-parlementaire EELV Denis Baupin.

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Le chef du gouvernement a par ailleurs indiqué que « le président de la République (allait) s’exprimer sur le sujet samedi ». « Je ne crois pas qu’on ait à gagner à être dans le plan d’urgence dès que l’émotion est forte », a-t-il ajouté. « Il est arrivé que les gouvernements se placent dans cette optique, et en général on le leur reprochait, donc on essaie de faire différemment ».

« On ne doit pas non plus s’interdire une forme de séduction intellectuelle »

Interrogé sur sa réaction si l’un des ministres de son gouvernement faisait l’objet de telles accusations, le Premier ministre a assuré qu’il n’aurait « pas beaucoup de mansuétude », rappelant qu'« il y a des choses qui ne sont pas acceptables et ne doivent pas être acceptées ».

« Une fois qu’on a dit ça, on peut aussi faire attention à conserver une forme de civilité entre les hommes et les femmes. On ne doit pas non plus s’interdire une forme de séduction - intellectuelle, sans violence et sans contrainte », a-t-il précisé, craignant par ailleurs qu’il arrive « mécaniquement » que « des accusations soient excessives par rapport à des faits ».

« C’est pour ça qu’il faut être prudent sur le sujet. Même dans ces affaires, la présomption d’innocence existe. La présomption d’innocence, ça n’est pas juste quand ça vous arrange, c’est partout et tout le temps », a-t-il insisté.