Marseille: Absence de piste cyclable, circulation, montées... Quand la livraison à vélo devient une épreuve

LIVRAISON A l'occasion de l'arrivée d'UberEats à Marseille, «20 Minutes» s'est penché sur le quotidien des livreurs à vélo... 

Adrien Max

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Illustration d'un vélo de livraison Deliveroo, ici à Bruxelles.
Illustration d'un vélo de livraison Deliveroo, ici à Bruxelles. — Melanie Wenger / Isopix / SIPA
  • UberEats arrive à Marseille ce jeudi, 150 coursiers livreront une centaine de restaurants.
  • A cette occasion, 20 Minutes s'est penché sur le quotidien de ces livreurs à vélo. 
  • Marseille est une ville particulièrement compliquée en raison de son étendue et de sa géographie. 

Un cycliste vêtu d’un coupe-vent argenté et bleu-vert est en train de monter une pente à près de 10 % pour atteindre Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille. Non, il ne s’agit pas du contre la montre du dernier tour de France, mais bien d’une livraison à vélo. Au lieu de transporter des bidons d’eau dans ses poches arrières, le dos de ce cycliste est accaparé par un énorme sac de livraison isothèrme. Et l’effort semble, au moins, aussi épuisant.

A l’occasion de l’arrivée de l’applicationUberEats à Marseille, qui proposera à ses clients de se faire livrer une centaine de restaurants par 150 coursiers, 20 Minutes s’est interessé au quotidien de ces livreurs dans une ville où (presque) rien n’est fait pour la pratique du vélo.

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« Je me suis fracturé le pouce, donc aucun revenu »

« C’est vrai que c’est assez dangereux. Heureusement j’avais l’habitude de me balader à vélo mais pour celui qui n’est pas habitué il faut vraiment faire gaffe. Certains l’ont mal vécu », témoigne Martin, qui n’a fait des livraisons que quelques temps. Il n’est pas toujours facile de zigzaguer entre les piétons, les automobilistes tout en gardant un oeil sur l’adresse de livraison. Nolan abonde :

« C’est le bordel. Je me suis fracturé le pouce en chutant et pendant deux mois j’étais en arrêt, donc aucun revenu. »

Depuis, Deliveroo a mis en place une assurance.

En plus de la circulation, la géographie de Marseille est déjà une difficulté en soit pour n’importe quel cycliste, amateur, comme livreur. Territoire très étendu, sols escarpés, voiries pas toujours en bon état, sont autant de difficultés auxquelles ils doivent faire face.

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Scooter

Martin se remémore :

« C’est plus compliqué qu’à Paris, ici il n’y a qu’une zone de livraison qui est très étendue. Ça nous arrive de faire beaucoup de kilomètres pour livrer. Et en plus de ça, ça grimpe. Si jamais tu prends ta commande au palais de la glisse et que tu dois livrer à Notre-Dame, ça pique »

Sans parler de la Plaine et du Cours Julien, aussi en hauteur, et où il y a de nombreux restaurants.

Bien avant ces galères, les livreurs ont dû s’acheter un vélo et l’équiper. « Pour au final se le faire voler », en rigole, à moitié, Thomas. Certains ont trouvé la parade pour faciliter leur labeur : le scooter. « Au bout d’un moment j’ai vu qu’il y en avait deux ou trois qui tournaient en scooter. J’en ai fait la demande officielle et ils ont accepté », explique Nolan. « Là ça devient plus rentable », ajoute-t-il.

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Payé aux kilomètres

Pour son implantation à Marseille, UberEats a fait le choix de livrer à vélo ou en scooter. « La ville est très étendue et loin d’être plate, c’est pourquoi après les premiers retours on a fait ce choix », argumente Stéphane Ficaja, manager general chez UberEats. Autre nouveauté précise Stéphane Ficaja :

« Ils ne seront pas payés à la course, mais aux kilomètres parcourus pendant la course. »

Pour Nolan, l’arrivée d’UberEats à Marseille est une bataille de plus dans la guerre des applications de livraison. « C’est une guerre marketing, que chacun veut remporter pour être le seul implanté sur la ville », avance-t-il. Les petites mains de cette nouvelle « bataille », sont à nouveau les livreurs.