Limoges: L'invitation d'Houria Bouteldja par l'université de la ville fait polémique

EXTREMISME Coutumière des déclarations communautaristes et polémiques, Bouteldja est l’invitée d’honneur d’un séminaire organisée dans l’université ce vendredi…

D. D.

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Houria Bouteldja.
Houria Bouteldja. — f . scheiber / 20minutes

La porte-parole du Parti des Indigènes de la République (PIR) Houria Bouteldja est une nouvelle fois au cœur d’une polémique. En cause, son invitation à participer à un « séminaire d’études décoloniales » à l’université de Limoges ce vendredi. Homophobie, antisémitisme, racisme anti-blanc, l’auteur du livre Les Blancs, les Juifs et nous est accusée par ses détracteurs d’être dans une logique purement communautariste.

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Elle dénonce le « philosémitisme d’Etat », pose à côté d’un graffiti « les sionistes au goulag », explique à qui veut l’entendre que « comme chacun sait, la tarlouze n’est pas tout à fait un homme. Ainsi, l’Arabe qui perd sa puissance virile n’est plus un homme » ou encore « si une femme noire est violée par un noir, c’est compréhensible qu’elle ne porte pas plainte pour protéger la communauté noire ».

Listant nombre de ses sorties outrancières, Stéphane Dorin, professeur de sociologie de l’université de Limoges, avait dénoncé dans une lettre ouverte la venue de Bouteldja.

« Pas question » d’annuler affirme le président de l’université

La Licra a aussi commenté dans un communiqué cette invitation. Elle critique notamment l’ouvrage de Bouteldja, « trempé dans l’essentialisation, la réhabilitation des races, l’obsession des Juifs et le compagnonnage avec l’islam politique ».

Comme le rappelle le Populaire du centre, le PIR de Bouteldja considère que « la République est un système politique, idéologique et social basé sur les inégalités raciales au sein de l’Hexagone, à l’encontre de l’immigration coloniale et de ses enfants et plus spécifiquement des Noirs, des Arabes et des musulmans ». Un positionnement qui apparaît en opposition avec les valeurs de l’enseignement supérieur.

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L’annonce de la conférence a en tout cas disparu du site de l’université de Limoges. Mais son directeur explique qu’il n’est « pas question » d’annuler. « Ce qui nous intéresse, c’est un séminaire de recherche, c’est la confrontation d’idées dans un cadre scientifique […] Si on commence à mettre des censures a priori, on sort de ce cadre de cette liberté » s’est défendu Alain Célérier chez nos confrères de France 3 Nouvelle-Aquitaine.