Formation d'enseignants «en non-mixité»: Blanquer va porter plainte contre un syndicat

REPUBLIQUE Ce syndicat d’enseignants propose des ateliers réservés exclusivement aux non-blancs…

D. D. avec AFP

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Le ministre français de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer dans l'hémicycle du Parlement.
Le ministre français de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer dans l'hémicycle du Parlement. — CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

Il contre-attaque. Le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé ce mardi qu’il allait porter plainte pour « diffamation à l’encontre de Sud Education 93 ». Le syndicat a prévu d’organiser mi-décembre des ateliers de formation destinés aux enseignants, dont deux se feront « en non-mixité ».

Une expression « scandaleuse »

« L’expression-même utilisée est absolument scandaleuse, elle ne peut avoir sa place dans l’Education nationale », a déclaré Jean-Michel Blanquer devant l’Assemblée nationale, alors que « non-mixité » peut notamment signifier réservé à des personnes se disant « racisées » (qui s’estiment victimes de préjugés ou de discrimination racistes en raison de leur origine).

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« C’est pourquoi, puisque ce syndicat a décidé de parler de racisme d’Etat, j’ai décidé de porter plainte pour diffamation à l’encontre de Sud Education 93 », a-t-il ajouté. « On parle de "non-mixité raciale", on parle de "blanchité", on parle de "racisé" c’est-à-dire les mots les plus épouvantables du vocabulaire politique qui sont utilisés au nom soi-disant de l’antiracisme alors qu’en fait ils véhiculent évidemment un racisme », a renchéri le ministre de l’Education nationale.

Le syndicat explique « susciter la vindicte de la fachosphère »

Intitulé « Au croisement des oppressions – Où en est-on de l’antiracisme à l’école ? », le stage en question propose deux sessions réservées aux « personnes racisées ». Une pour découvrir les « outils pour déconstruire les préjugés de race, de genre et de classe » et une autre pour se demander « quelle vie professionnelle pour les enseignant(e)s racisé(e)s ? ».

Dans un communiqué publié sur leur site, Sud Education 93 explique « susciter la vindicte de la fachosphère » et dénonce des « offensives conjointes et diffamatoires de l’extrême droite, de la LICRA et Blanquer ».

SOS racisme a pour sa part exprimé dans un communiqué sa « stupéfaction » devant l’initiative du syndicat qui ne correspond « en rien à une dynamique antiraciste fondée, tout au contraire, sur le vivre ensemble et la rencontre ».