Retraites: Le gouvernement entre dans le vif du sujet mardi

NEGOCIATIONS Emmanuel Macron veut remplacer la trentaine de régimes de retraite existants par un système universel par répartition…

20 Minutes avec AFP

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Edouard Philippe et Emmanuel Macron lors d'une réunion à l'Elysée, le 13 juillet 2017.
Edouard Philippe et Emmanuel Macron lors d'une réunion à l'Elysée, le 13 juillet 2017. — JULIEN DE ROSA / POOL / AFP

Le gouvernement consultera à partir de mardi les partenaires sociaux sur la réforme ​des retraites promise par Emmanuel Macron, dont le projet de système universel risque de se heurter aux prévisions économiques et à l’hostilité de certains syndicats.

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Le Haut-commissaire aux retraites ne va pas chômer dans les prochains jours : deux mois après sa nomination, Jean-Paul Delevoye va recevoir une à une les organisations syndicales et patronales pour une première prise de contact officielle.

La CFE-CGC ouvrira le bal mardi, suivie mercredi par l’organisation patronale U2P, les syndicats FO et CFDT le 27, la CFTC le 28, ou encore l’Unsa le 30. Le rendez-vous avec la CGT n’était pas encore fixé lundi après-midi, mais son secrétaire général Philippe Martinez a laissé entendre dans la matinée sur Cnews que son syndicat irait bien « discuter ».

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En 2010 déjà, des manifestations massives mais infructueuses 

Une réunion au sommet est aussi programmée vendredi à l’Elysée, où Emmanuel Macron réunira son Premier Ministre, Edouard Philippe, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn et Jean-Paul Delevoye. L’exécutif doit en effet mettre en œuvre la promesse de campagne du candidat Macron, qui voulait remplacer la trentaine de régimes de retraite existants par un système universel par répartition, où un euro cotisé garantirait à tous les mêmes droits à pension.

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Les syndicats, qui ont jusqu’à présent peiné à mobiliser contre les réformes sociales du gouvernement, ont encore en mémoire les manifestations massives mais infructueuses contre la réforme des retraites de 2010. La simple évocation début septembre d’une possible suppression du régime spécial des cheminots a provoqué une réaction unanime des syndicats de la SNCF mais aussi, et c’est plus rare, des dirigeants de la CGT, Philippe Martinez, et de la CFDT, Laurent Berger.

Une sortie du déficit prévue pour 2037

« Les réformes successives ont apporté des réponses relativement proches de l’équilibre budgétaire mais ont augmenté l’anxiété de la population », a reconnu Jean-Paul Delevoye la semaine dernière. Le Haut-commissaire aux retraites « souhaite porter quelque chose de positif », reposant sur une « solidarité collective qui est plus nécessaire que jamais ». Pendant la campagne présidentielle, le candidat Macron affirmait dans son programme que « le problème des retraites n’est plus un problème financier ».

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En juin, le Conseil d’orientation des retraites (COR) avait affirmé que l’allongement de l’espérance de vie des hommes et la baisse du solde migratoire maintiendraient le système de retraites en déficit plus longtemps que prévu. Les prévisions budgétaires sur cinq ans du nouvel exécutif, révélées fin septembre, ont à peine amélioré le tableau : le COR entrevoit désormais une légère amélioration à court terme et une sortie du déficit pour 2037 au mieux, selon un rapport provisoire consulté lundi par l’AFP.

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Ce redressement un peu moins tardif que prévu est notamment lié à la fusion des régimes complémentaires des salariés du privé, entérinée vendredi dernier par les partenaires sociaux : l’Agirc et l’Arrco, qui seront unifiés en 2019, dégageront la même année un « solde technique de 1 milliard d’euros » et resteront excédentaires aussi longtemps que les revenus d’activité augmenteront de plus de 1 % par an. En revanche, le régime de base de la Cnav (salariés du privé et contractuels du public), sorti du rouge en 2016, y replongera durablement dès 2019 en raison de la baisse constante de la proportion d’actifs par rapport aux retraités.