Auvergne-Rhône-Alpes: Un quart des lycées désormais équipé de portiques de sécurité

SECURITE L’idée, lancée il y a deux ans et fortement décriée au début, semble avoir fait du chemin…

Caroline Girardon

— 

Lycée collège
Lycée collège — Martin BUREAU / AFP
  • La Région Rhône-Alpes annonce que 100 % de ses lycées sont aujourd’hui dotés d’un « outil de sécurité » dont 120 qui ont des portiques.
  • Le budget consacré est de 54 millions d’euros.

L’idée tant décriée au départ, aurait finalement fait son chemin. La région Auvergne-Rhône-Alpes a tenu une conférence de presse ce lundi afin de dresser un « bilan d’étape » concernant la sécurisation des lycées.

Au total, 120 lycées (85 publics et 35 privés), sur les 560 recensés dans la région, sont désormais équipés de portiques de sécurité. « Mais 100 % des établissements sont aujourd’hui dotés d’un outil de sécurité, que ce soient des portiques, de caméras de vidéosurveillance, des contrôles d’accès ou des alarmes anti-intrusion », précise Laurent Wauquiez, le président de région.

Un budget de 54 millions d’euros

« Les mentalités ont évolué. Il y a deux ans ce n’était pas facile. Aujourd’hui, nous rencontrons de moins en moins d’opposition et de plus en plus de dossiers sont déposés par les chefs d’établissement », assure-t-il. Près de 150 dossiers demandant l’installation de portiques, seraient en cours d’instruction.

>> A lire aussi : Lycées: Une pétition contre les portiques de sécurité annoncés par Laurent Wauquiez

Le budget consacré à la sécurisation des lycées est de 54 millions d’euros. « Soit le double de celui d’Ile de France ». « Cet argent n’est pas pris sur le budget d’investissement et sur la rénovation des établissements. La sécurité n’est que du plus », enchaîne Laurent Wauquiez. Reste que les délais sont parfois longs. Si la Région se vante de faire au plus vite, certains représentants de lycéens ont fait savoir qu’ils attendaient une réponse depuis plus d’un an.

« Notre préoccupation quotidienne est de dire pourvu qu’il ne se passe rien ce soir »

Le lycée Charles et Adrien Dupuy, basé au Puy-en-Velay, s’est décidé à renforcer la sécurité lorsqu’en octobre 2016, une conductrice, présentée comme déséquilibrée, a cassé la barrière d’entrée de l’établissement avant de se livrer à un rodéo autour des bâtiments, sans faire de blessé. « Nous avons 59 points d’entrées sur le lycée et aucune clôture. Chaque soir, 250 élèves dorment à l’internat. Notre préoccupation quotidienne est de dire "pourvu qu’il ne se passe rien ce soir" », avoue Philippe Treffelle le proviseur.

>> A lire aussi : Portiques devant les lycées: Les parents d'élèves dénoncent un «climat policier»

Conçu dans les années 70 comme un campus ouvert, l’établissement a donc été sécurisé depuis. Une protection périmétrique et des grilles ont été érigées autour du lycée. Des tourniquets ont également été installés. « Cela permet de mettre les élèves à l’abri de toute agression extérieure, et nous, de travailler dans des conditions plus sereines », poursuit le chef d’établissement.

Les dirigeants du lycée ORT dans le 8e arrondissement de Lyon, ne se sont pas posé la question guère longtemps. L’établissement de confession juive, a fait l’objet d’une surveillance accrue à la suite de l’attaque de Toulouse, perpétrée par Mohamed Merah. Les militaires ont patrouillé pendant plus d’un an dans les couloirs, dormant sur place.

Reprendre toute l’organisation

« Leur présence, bien que sécurisante, n’a pas rassuré les gens qui se sont dit que leurs enfants pouvaient être une cible. On a vu le nombre d’inscriptions considérablement chuté », explique David Levy sans préciser davantage. Et d’ajouter : « on a voulu montrer qu’on n’avait pas besoin de militaires. On a dû reprendre toute l’organisation. On a filtré les colis, vérifier les listes d’invités. On a essayé d’être le plus vigilants possible. Ce qui a eu pour effet d’atténuer les réticences des parents. Les choses reviennent doucement à la normale ».

Les travaux de sécurisation de l’établissement sont en passe d’être terminés. Désormais des caméras ont été installées ainsi qu’un système de visiophonie permettant de filtrer et de mémoriser le visage des personnes qui se présentent à l’entrée.