VIDEO. Transgenres, transsexuels, transition... Le glossaire pour s'y retrouver dans la transidentité

IDENTITE A l’occasion d’une soirée sur la transidentité sur France 2 en partenariat avec « 20 Minutes », on vous propose quelques définitions utiles…

Oihana Gabriel et Aurélie Bazzara à la vidéo

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Danica Roem est devenu la première élue ouvertement transgenre aux Etats-Unis.
Danica Roem est devenu la première élue ouvertement transgenre aux Etats-Unis. — Steve Helber/AP/SIPA
  • Ce mercredi soir, France 2 propose une soirée débat autour de la transidentité avec notamment un téléfilm sur un couple dans la tourmente pendant la transition du mari.
  • L’occasion de rappeler les mots à utiliser et à bannir quand on parle du sujet délicat de la transidentité.

Comment parler et écrire sans blesser ou discriminer ? Avec la visibilité croissante des questions de transidentité, la terminologie a évolué, accompagnant le changement de regard de la société sur les trans. Si certains se nomment eux-mêmes travesti ou queer, d’autres l’entendent comme des insultes. Transsexuel, cisgenre, travesti, pas évident de s’y retrouver dans ces mots souvent utilisés, rarement à bon escient. 20 Minutes propose un glossaire, avec l’aide précieuse du sociologue Arnaud Alessandrin, co-auteur de Transyclopédie : tout savoir sur les transidentités et Sociologie des transidentités, prévu pour mars 2018 (Le Cavalier Bleu).

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Transsexuel : La transsexualité est définie comme une maladie mentale, donc excessivement connotée. Il est apparu dans le vocabulaire médical en 1953, c’est dire comme c’est daté ! Il est résumé par trois notions : dégoût de son corps, sentiment d’appartenir à l’autre sexe depuis l’enfance et la volonté de faire des changements anatomiques. Ce terme est inapproprié parce qu’il fait référence à une maladie, une souffrance et une opération. Or, les études récentes montrent que plus de 2/3 des personnes trans ne souhaitent pas de changement génital. « C’est pourquoi il faut abandonner ce terme et le remplacer par les termes transgenre, transidentitaire ou personne trans », insiste Arnaud Alessandrin.

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Transgenre/transidentaire : Il s’agit de toute personne dont l’assignation de genre à la naissance ne correspond pas à son identité de genre. C’est une définition plus large et donc plus représentative de la réalité plurielle des trans. Plus besoin de parler de souffrance, de maladie ou d’opération génitale systématique. Passer du mot transsexuel à transgenre permet à la personne de ne plus être définie par son sexe mais par son genre. « Ce chamboulement terminologique reflète l’évolution des demandes des personnes trans et du droit », souligne le sociologue.

En France, la loi de novembre 2016 et les décrets en février 2017 marquent un tournant : on peut aujourd’hui changer d’état civil sans opération mais il faut encore passer devant un juge et la démarche n’est pas simplement déclarative, il faut apporter des preuves.

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Transition de genre : C’est le processus engagé par une personne trans, à partir du moment où elle assume son nouveau genre. « Elle peut passer par les mots, le prénom, les hormones, les vêtements, une opération, explique le spécialiste. Pour certaines personnes, la transition est éternellement en cours, pour d’autres une opération ou un autre événement marque sa fin. »

En revanche, l’Association des journalistes lesbiennes, gays, bi.es et trans (AJLGBT). rappelle que la transition de genre n’est pas un changement d’orientation sexuelle : les personnes trans peuvent être hétéro, bi-e, homo ou asexuel-le.

Travesti : Le ou la travesti(e) joue prioritairement sur les vêtements. « Pour certaines personnes trans, réduire la transition à la simple transformation vestimentaire, c’est péjoratif. L’important, ce n’est pas la définition médicale ou du Larousse, mais le ressenti de la personne, comment elle se définit à ce moment de sa vie », nuance Arnaud Alessandrin.

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Cisgenre/Bio : Les personnes dont le sexe assigné à la naissance correspond à l’identité de genre de la personne.

Dragqueen : Littéralement drag vient de Dressed As a Girl signifiant Habillé comme une Fille et queen, reine en anglais désigne les gays de façon péjorative. C’est un artiste qui propose une performance du genre féminin dans le sens de l’exagération. On parle de dragking pour le côté masculin. Mais les artistes dragqueen ou dragking ne sont pas forcément des trans.

FtM : Pour préciser, au sein de la communauté trans, est apparu récemment le terme de Female to Male, quand une personne née avec un sexe féminin se sent homme. Et son pendant, MtF : Male to Female, une personne née de sexe masculin et se sentant femme. Mais le sociologue souligne que ces définitions sont bien trop restrictives. « Quand on a travaillé sur la transphobie avec Karine Espineira en 2015, nous avions trouvé 36 identités de genre différentes : comme le FTU (Female to unknown, inconnu), queer, gender fluid (mouvant dans son identité)…», explique le sociologue.

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Intersexe : Se dit d’une personne née avec une forme sexuée dont la médecine ne parvient pas à dire si les organes génitaux sont mâles ou femelles. « En France, ces personnes sont opérées pour «normaliser» le corps et les appareils génitaux, assure-t-il. Les différences entre trans et intersexes ne sont pas clairement définies. La terminologie est en cours d’élaboration. »

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Queer : En anglais, cela veut dire bizarre, tordu et tapette. « C’est d’abord une insulte, avant d’être réapproprié en fierté. Aujourd’hui, il y a plein de jeunes trans qui se disent queer pour signifier que l’insulte ne les atteint pas », explique Arnaud Alessandrin.

Transphobie : Ensemble des préjugés et discriminations dont sont victimes les trans. Le sociologue et ses collègues ont défini trois types de transphobies. La transphobie directe, quand il y a discrimination et que l’on sait que la personne est trans. Mais c’est plus souvent une transphobie indirecte : on suspecte la personne d’être trans, mais on ne le sait pas. Enfin, troisième typologie, institutionnelle, quand l’Etat ne permet pas aux personnes trans d’avoir une citoyenneté pleine et entière. Notamment «en limitant l'accès au changement d'état civil et aux opérations remboursées, l'Etat rend vulnérable l'ensemble des personnes souhaitant faire une transition», souligne le sociologue.

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* Soirée continue fiction suivi d’un grand débat en direct "Transgenres:  la fin d’un tabou ?" à partir de 20h55 le 22 novembre en partenariat avec 20 Minutes.