Nantes: L'ancienne école des beaux-arts occupée par de jeunes migrants et des militants

LOGEMENT Les locaux de l'ancienne école des beaux-arts, quartier Bouffay à Nantes, sont «réquisitionnés» depuis samedi soir...

Julie Urbach

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L'ancienne école des Beaux-Arts est occupée depuis samedi soir
L'ancienne école des Beaux-Arts est occupée depuis samedi soir — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Plusieurs dizaines de personnes ont investi, samedi soir, les locaux vides de l'ancienne école des beaux-arts, en centre-ville de Nantes.
  • La mairie, propriétaire des locaux, est pour le moment silencieuse. Mais EELV a annoncé soutenir officiellement cette «réquisition».

Edit à 18h: Le bâtiment a été évacué dimanche après-midi. L'article est à lire ici

Ils sont plusieurs dizaines de personnes, au moins, à y avoir passé la nuit. Depuis samedi après-midi, l'ancienne école des Beaux-Arts (qui a déménagé sur l'île de Nantes), tout près du parking Decré en centre-ville de Nantes, est «réquisitionnée» dans le but de loger «les mineurs isolés étrangers à la rue». Sur la facade du bâtiment, qui serait toujours en partie éclairé et chauffé, de grandes banderoles ont été installées.

Les accès, eux, ont été complètement fermés à l'aide d'antivols et de divers cadenas. Ce dimanche matin, des jeunes gens allaient et venaient en escaladant la facade du site, propriété de la mairie de Nantes, qui se situe d'ailleurs juste à côté. Quelques habitants se présentaient devant les grilles, munis de couvertures ou de thermos.

«Lieu de vie et d'échange»

«L'initiative émane de collectifs, d'habitants, d'étudiants qui souhaitent alerter et trouver des solutions pour loger les exilés», explique une jeune femme, qui garde l'entrée. Le lieu, renommé «Univers-Cité», se veut être «un lieu de vie, d'échange, d'apprentissage mutuel et d'activités autogérées». «On veut montrer que la jeunesse ne veut plus se laisse faire», argue un jeune homme.

Alors que les mineurs isolés étrangers , qui arrivent toujours plus nombreux en France et à Nantes, doivent bénéficier d'une prise en charge du conseil départemental, plusieurs dizaines voire centaines d'entre eux (et notamment ceux qui ont été reconnus majeurs, ou dans l'attente d'une reconnaissance) «sont à la rue ou dans des squats» à Nantes, assurent ces militants. Une nouvelle manifestation a d'ailleurs eu lieu samedi en début d'après-midi, juste avant que l'occupation de l'école ne commence.

EELV soutient la démarche, la mairie silencieuse

Si la mairie de Nantes n'était pas en mesure de communiquer ce dimanche sur la question, Europe-Ecologie Les-Verts, membre de la majorité municipale (et dont fait partie l'adjointe au logement, Pascale Chiron), a indiqué soutenir la démarche. «EELV 44 salue cette initiative et l'investissement de jeunes étudiants nantais dans la solidarité avec les jeunes exilés. Il souhaite que des solutions d'hébergement durable soient rapidement trouvées pour ces jeunes à la rue. (...) Des lieux vides existent et l'installation de jeunes dans cette ancienne école des beaux-arts le prouve. EELV demande que l'Etat et la Ville les réquisitionnent pour héberger toutes celles et ceux qui en ont besoin.»

Une assemblée générale doit se tenir cet après-midi pour décider de la suite de ce mouvement, qui a démarré samedi soir mais qui pourrait durer «toute la vie», selon les tracts distribués sur place. Une voiture de police est stationnées sur la place depuis samedi soir, pour le moment sans intervention.