La manifestation à Paris contre l’esclavage en Libye se termine par des tensions et violences

PARIS Le millier de manifestants n'avait pas d'autorisation de la préfecture...

B.C.

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Des migrants à la base navale de Tripoli, en Libye
Des migrants à la base navale de Tripoli, en Libye — MAHMUD TURKIA / AFP

Une manifestation non autorisée par la préfecture de Police de Paris s’est achevée samedi en fin de journée à Paris en haut des Champs-Elysées par des échauffourées. Les manifestants souhaitaient dénoncer les cas d’esclavage en Libye, révélés cette semaine dans un documentaire choc de la chaîne américaine CNN.

Plus d’un millier de personnes était présent devant l’ambassade de Libye, samedi midi, à l’appel de plusieurs associations dans un cortège improvisé. Plusieurs personnalités, comme le comédien Omar Sy, le footballeur Didier Drogba ou l’ancienne Miss France Sonia Rolland, avaient relayé les appels à manifester : « Soyons solidaires et au rdv pour protester contre cette torture et cette violence », avait tweeté Omar Sy.

Une manifestation improvisée

« Encadrée et sécurisée » par des forces de police, la manifestation s’est ensuite dirigée vers le 16e arrondissement en direction d’un autre site diplomatique libyen sans qu’aucune dégradation n’ait été signalée.

En fin d’après-midi, de nouvelles marches ont été improvisées sur les Champs-Elysées, gênant la circulation. L’intervention de CRS à hauteur de l’Arc de Triomphe a dégénéré et a conduit à l’utilisation de gaz lacrymogènes d’après plusieurs témoins. Sur plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux, on constate une situation tendue avec des cris et des courses entre manifestants et forces de l’ordre. Une personne a été interpellée dans la soirée, a-t-on précisé de source policière.

La préfecture de police a dénoncé dans un communiqué le caractère illégal du rassemblement. « Sans qu’aucune déclaration n’ait été faite, plusieurs associations ont organisé une manifestation et un cortège depuis l’ambassade de Libye jusqu’en direction du second site diplomatique de ce pays », dans l’ouest de Paris, a-t-elle indiqué dans ce communiqué, tout en précisant qu'« aucune dégradation » n’avait été commise.