Attentats du 13-Novembre: Deux ans après l'assaut du Raid à Saint-Denis, des sinistrés toujours à la rue

TERRORISME La préfète à l’égalité des chances de Seine-Saint-Denis a promis de « réexaminer chacune des situations »…

H. B.

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La rue de la République à Saint-Denis, rue adjacente de la rue du Corbillon, le 19 novembre 2015, après l'attentat.
La rue de la République à Saint-Denis, rue adjacente de la rue du Corbillon, le 19 novembre 2015, après l'attentat. — KENZO TRIBOUILLARD AFP

Il y a deux ans jour pour jour, le 18 novembre 2015, les habitants de l’immeuble situé à l’angle de la rue du Corbillon, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), étaient réveillés par les tirs du Raid venu déloger l’un des kamikazes des attentats du 13-Novembre. Deux ans après, une vingtaine de familles, dont le logement a été détruit lors de l’intervention de la police, n’ont toujours pas été relogées, rapporte France Bleu Paris.

Cinq d’entre eux ont même dû, il y a quelques semaines, quitter l’hôtel où ils étaient hébergés et sont actuellement à la rue. Ce samedi, à l’appel de « l’association des victimes du 48 rue de la République » et de l’association Dal (Droit au logement), ils ont décidé d’organiser un rassemblement pour demander à être relogés durablement.

« Je dors dans une voiture sur un parking à Saint-Denis »

Sur 47 familles (soit 86 personnes), 27 ont été durablement relogées. Pour les autres, la situation est très précaire. Laïd, 62 ans, est l’un des cinq sinistrés à se retrouver dans une extrême précarité. Cet ancien ouvrier du bâtiment, d’origine algérienne, n’a plus de toit depuis deux mois. « Je dors dans une voiture sur un parking à Saint-Denis », a-t-il confié au Parisien.

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Kahina, 32 ans, devra, elle, quitter la chambre qu’elle occupe dans le quartier de la gare de Saint-Denis avant le 15 décembre. Après, ce sera la rue. « J’ai déposé un dossier en préfecture de Bobigny, et un autre devant le ministère de la Justice. Je n’ai toujours pas eu de réponse », raconte la jeune femme.

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La préfète à l’égalité des chances de Seine-Saint-Denis, Fadela Benrabia, s’est toutefois voulue rassurante ce vendredi. L’État va « avec la ville, réexaminer chacune des situations », a-t-elle déclaré à France Bleu Paris. La préfète a également précisé que  les « indemnisations pour préjudice moral et matériel ont été versées » aux habitants et que « les expertises psychiatrie ont toutes été réalisées ».