Hôpital: Un syndicat d'internes en médecine s'attaque au «tabou» du sexisme

HARCELEMENT L'Isni a mené une enquête auprès de plusieurs milliers d'internes dans l'Hexagone...

20 Minutes avec AFP

— 

Les urgences medicales de HEH (Hopital Hedourd heriot) de Lyon, le 15 mai 2013
Les urgences medicales de HEH (Hopital Hedourd heriot) de Lyon, le 15 mai 2013 — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Blagues graveleuses, gestes déplacés, harcèlement sexuel… Le sexisme n’épargne pas les étudiants en médecine, en particulier à l’hôpital et au bloc opératoire, selon les résultats d’une enquête dévoilée ce vendredi par le premier syndicat d’internes, qui appelle à « briser ce tabou ».

>> A lire aussi : Harcèlement sexuel au travail : «La bonne question, c'est "comment se fait-il que malgré toutes les difficultés, quelques victimes en parlent?"»

« Pour lutter contre le sexisme, il faut d’abord l’évaluer », expliquait l’Intersyndicale nationale des Internes (Isni) en lançant, début septembre, un questionnaire en ligne à l’adresse des quelque « 30.000 internes » de l’Hexagone. Près de 3.000 y ont répondu jusqu’au 16 octobre, dont 75 % de femmes.

Près de la moitié imputés aux médecins

Premier enseignement, le harcèlement sexuel (propos ou comportements à connotation sexuelle, dégradants ou humiliants, imposés de façon répétée) concerne environ 9 % des sondés : près de 7 % des internes interrogés se déclarent ainsi victimes de ce délit, les 2 % restant répondant avoir subi fréquemment ou très fréquemment des gestes déplacés, sans les qualifier de harcèlement.

>> A lire aussi : Harcèlement sexuel au travail: «Le premier combat c'est d'éduquer la société toute entière»

Parmi les « types de harcèlement » définis par l’Isni, la moitié correspond à des « gestes non désirés » (toucher le cou, les cheveux, les mollets, massage des épaules), 15 % à des « contacts physiques non désirés » (toucher les seins ou les fesses, baisers dans le cou ou sur la bouche), 14 % à « des demandes insistantes de relation sexuelle », 12 % à un « chantage à connotation sexuelle » et 9 % « à des simulations d’actes sexuels ».

Dans près de la moitié des cas (48 %), ces agissement sont imputés aux médecins et supérieurs hiérarchiques, devant les confrères sans supériorité hiérarchique (28 %), le personnel soignant (15 %), les patients ou leur famille (9 %).

Très peu de procédures juridiques

Dans près de 30 % des cas, le harcèlement n’est pas verbalisé, une procédure juridique ayant été initiée pour seulement 0,15 % d’entre eux. Le « sexisme quotidien » (notamment les blagues ou remarques stigmatisantes sur la façon de s’habiller, d’opérer, etc...) touche la grande majorité des sondés tout au long de leurs études. La moitié (47 %) s’en déclare « victime » - 61 % des femmes contre 7 % des hommes - à l’inverse de 39 % de sondés pourtant identifiés comme subissant ce type de sexisme.

>> A lire aussi : Harcèlement sexuel: Quel est le profil des hommes qui harcèlent?

Là encore, les « auteurs de ces agissements » se retrouvent majoritairement (37 %) chez les médecins et supérieurs hiérarchiques, devant le personnel soignant (33 %), les confrères (16 %) et les patients (14 %).

Ces comportements sexistes quotidiens ont lieu majoritairement à l’hôpital public, au bloc opératoire dans un cas sur quatre, selon l’Isni.