BHL critique Eric Dupond-Moretti, l'avocat lui répond dans une lettre au vitriol

ECHANGE Bernard-Henri Lévy est revenu sur l'échange entre l'avocat d'Abdelkader Merah et Nicolas Demorand...

C. Ape.

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Bernard-Henri Levy, le 1er avril 2015 à Paris
Bernard-Henri Levy, le 1er avril 2015 à Paris — BERTRAND GUAY AFP

Au lendemain de la condamnation d’Abdelkader Merah à vingt ans de prison pour « association de malfaiteurs terroriste », l’échange entre l’avocat du frère de Mohamed Merah et le journaliste Nicolas Demorand avait été très tendu.

Eric Dupond-Moretti a tenté de se défendre face au journaliste au micro de France Inter après avoir été la cible de critiques émanants notamment de familles de victimes.

Un échange qui n’a pas échappé à Bernard-Henri Levy. Lundi, ce dernier a publié une tribune dans laquelle il décrit « un moment de radio qui en dit long sur le style de notre "acquitator" médiatique – et aussi, hélas, sur le climat de l’époque ».

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« N’est pas "avocat dostoïevs­kien" qui veut »

« On a droit à un absurde numéro de donqui­chot­tisme où le plai­deur s’in­vente des moulins (…) N’est pas "avocat dostoïevs­kien" qui veut. Et il y avait quelque chose de pathé­tique dans cette atti­tude victi­maire et narcis­sique, dans cette façon de nous dire que le seul suppli­cié du procès, pour Dupond-Moretti, c’était Dupond-Moretti lui-même », écrit BHL.

Des propos qui n’ont visiblement pas plu au principal intéressé. Sur Twitter, Edouard Martial, l’avocat de Fettah Malki, co-accusé dans le procès Merah et condamné à une peine de quatorze ans de réclusion criminelle pour « association de malfaiteurs terroriste », a posté une lettre signée du nom d’ Eric Dupond-Moretti, dans laquelle il dénonce le manque de connaissance de BHL en matière de justice. « Sur le fond, vous démon­trez que vous ne connais­sez rien aux droits de la défense. »

Mais également son manque de connaissance concernant l’avocat lui-même. « Je vous inter­dis de disser­ter publique­ment sur ma sincé­rité et ses élans sans même me connaître. » Eric Dupond-Moretti termine en empruntant une cita­tion à René Magritte : « Le 3 mai 1936, Magritte a écrit au critique Dupier­roux qu’il n’était "qu’une vieille pompe à merde", je n’ai, hélas, ni le talent, ni l’audace de Magritte. »