France Insoumise: La députée Obono critiquée après avoir qualifiée Bouteldja de «camarade»

COMMUNAUTARISME La franco-gabonaise a toutes les peines du monde à condamner les tirades à répétition d'Houria Bouteldja...

D. D. avec AFP

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Danièle Obono avec Alexis Corbière lors d'un meeting de Jean-Luc Mélenchon à Dijon pendant la campagne présidentielle de 2017.
Danièle Obono avec Alexis Corbière lors d'un meeting de Jean-Luc Mélenchon à Dijon pendant la campagne présidentielle de 2017. — F. LODI/SIPA
  • La députée La France Insoumise Danièle Obono a défendu Houria Bouteldja, militante du Parti des indigènes de la République accusée de favoriser, en autres, l'antisémitisme.
  • Cette prise de position a poussé plusieurs Insoumis à prendre leurs distances avec leur collègue parlementaire.
  • Houria Bouteldja est une multi-récidiviste en matière de propos polémiques.

La députée La France Insoumise Danièle Obono a pris la défense ce dimanche de la porte-parole du Parti des indigènes de la République (PIR), Houria Bouteldja, parfois accusée par ses adversaires de favoriser l’antisémitisme, et qu’elle considère comme « une camarade » dans la lutte contre le racisme.

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« Je respecte la militante antiraciste. C’est dans le mouvement antiraciste que je l’ai connue, c’est dans ces luttes-là que l’on s’est battues », a-t-elle déclaré au micro de la radio communautaire Radio J. Interrogée sur le fait de savoir si les propos de Bouteldja - qui affirmait en mars 2015 que « Les juifs sont les boucliers, les tirailleurs de la politique impérialiste française et de sa politique islamophobe » - étaient des propos racistes ou antiracistes, la députée de Paris a répondu : « Je ne sais pas ».

Au nom de leur combat antiraciste commun

Quant à la photo présentant la porte-parole du PIR à côté d’une pancarte « Les sionistes au goulag », Danièle Obono a jugé qu’il s’agissait d’une « photo de très mauvais goût », qui n’était « pas acceptable ».

« Houria Bouteldja, je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’elle dit, mais c’est une militante antiraciste (…) Je considère Houria Bouteldja comme une camarade, parce qu’elle fait partie de ce mouvement-là. Et dans ce mouvement-là, on se bat sur la question de l’égalité », a insisté l’élue de Paris. Le Parti des indigènes de la République, fondé en 2005 par des « militants issus de l’immigration post-coloniale », est décrié par des associations antiracistes traditionnelles, qui lui reprochent d’attiser la concurrence des mémoires.

Il est parfois accusé par ses adversaires de favoriser l’antisémitisme, notamment en 2015 par le Mrap, après avoir dénoncé un supposé « philosémitisme d’Etat ». Les propos de la députée LFI, accusée à plusieurs reprises de communautarisme, ont poussé certains responsables du parti à prendre leurs distances.

Jean-Luc Mélenchon a lui partagé sur Facebook le message de l'Insoumis Elliott Aubin. « C'est parce que La France Insoumise porte le projet de l'idéal d'émancipation d'une République laïque, qu'elle n'a rien a voir avec le PIR. », écrit ce dernier, renvoyant vers un article de Marianne racontant comment Thomas Guénolé démontrait en 2016 « le racisme, la misogynie et l'homophobie de Houria Bouteldja ». Pour rappel, Obono avait déclaré en octobre dernier qu’un homme « qui refuse de conduire un bus après une femme n’est pas forcément radicalisé, mais peut-être "sexiste" ». Houria Bouteldja, elle, est une habituée des sorties polémiques.

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Dans son livre Les Blancs, les Juifs et nous sorti en 2016, elle explique par exemple que « Si une femme noire est violée par un noir, c’est compréhensible qu’elle ne porte pas plainte pour protéger la communauté noire » ou encore « Comme chacun sait, la tarlouze n’est pas tout à fait un homme. Ainsi, l’Arabe qui perd sa puissance virile n’est plus un homme ». Plus loin, la franco-algérienne écrivait « J’appartiens à ma famille, à mon clan, à mon quartier, à ma race, à l’Algérie, à l’islam. J’appartiens à mon histoire et, si Dieu veut, j’appartiendrai à ma descendance », des propos qu'elle a repris en 2016 sur OummaTV.