Cerf tué dans un jardin: Nicolas Hulot dénonce une «pratique d’une autre époque»

INFO «20 MINUTES» Le ministre de la Transition écologique et solidaire a déclaré qu’il fallait ouvrir un débat de société sur ce mode de chasse…

Mikael Libert

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Un cerf, illustration.
Un cerf, illustration. — Rob Pinney/Shutterstock/SIPA
  • Nicolas Hulot dénonce une «pratique d’une autre époque».
  • Le ministre de la Transition écologique et solidaire souhaite l’ouverture d’un débat sur la chasse à courre.
  • Pour la SPA, le débat existe depuis longtemps déjà.

L’affaire du cerf arrive au ministère. Le 21 octobre dernier, un cerf a été abattu dans le jardin d’une propriété privée, à Lacroix-Saint-Ouen, dans l’Oise, à l’issue d’une chasse à courre en forêt de Compiègne.

Des militants anti chasse avaient filmé la scène, provoquant un tollé sur les réseaux sociaux. Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a clairement dénoncé, en exclusivité auprès de 20 Minutes, une « pratique d’une autre époque ».

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« A la lumière de cet événement-là, je ne pense pas que la chasse à courre fasse l’unanimité, y compris dans l’univers de la ruralité », a déclaré Nicolas Hulot, précisant que « Tout cela met en évidence qu’il faudrait ouvrir un débat de société sur ce type de pratique de chasse qui interroge de plus en plus l’opinion publique ».

« Personnellement, je n’y suis pas favorable »

Pour lui, pas question néanmoins d’entrer en guerre ouverte avec les chasseurs en général : « Je peux m’accommoder d’une chasse qui ne laisse pas le temps aux animaux de souffrir et qui joue son rôle de régulation. Mais cette chasse à courre qui prolonge l’agonie, qui met les animaux dans un état de panique, cela doit nous pousser à nous questionner. Nous sommes en 2017, ces pratiques-là remontent à d’autres siècles ».

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Pour autant, le ministre ne semble pas prêt à forcer les choses pour une éventuelle interdiction de la chasse à courre. Il n’hésite cependant pas à dire le fond de sa pensée : « Quand bien même ces choses-là se seraient faites dans la légalité, la légalité et la moralité ne sont pas toujours associées. Il y a quand même quelque chose de choquant dans le fait qu’on puisse, comme ça, entrer dans une propriété privée » pour y tuer un animal a-t-il affirmé.

« Ce débat est déjà sur la place publique depuis longtemps »

Nicolas Hulot rebondit sur un argument, avancé par la Fondation Brigitte Bardot, au sujet du statut de l’animal sauvage par rapport à l’animal domestique. « J’ai d’ailleurs l’intention d’engager, en 2018, une réflexion sur la condition animale en général car quoi qu’il en soit, il faut limiter au maximum le stress et la souffrance des animaux ».

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« Une civilisation progresse quand elle ajuste ses mœurs en fonction de sa conscience. Aujourd’hui, je pose cette question sur la table, on verra ensuite quel chemin cela fera ». Sauf que pour Eric Gaftarnik, secrétaire général de la SPA, « ce débat est déjà sur la place publique depuis longtemps pour dénoncer une pratique féodale cruelle et sadique ». La SPA a d’ailleurs déposé plainte pour « sévices graves et actes de cruauté » contre Alain Drach, le chasseur qui a tué le cerf : « Je pense que ce sont les actions en justice qui font avancer le droit et bouger le législateur. C’est une sorte de moyen de pression sur le pouvoir politique », poursuit-il.