VIDEO. Roubaix: Le frère d’une djihadiste demande qu’elle soit rapatriée en France avec ses enfants

SOCIETE Comme une vingtaine de familles françaises, un Roubaisien s’inquiète du sort réservé aux femmes et enfants partis faire le djihad en Syrie et en Irak…

G.D. avec AFP

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Djihadistes défilant dans Raqqa, en Syrie, en janvier 2014.
Djihadistes défilant dans Raqqa, en Syrie, en janvier 2014. — SIPA

Que faire des femmes et enfants de djihadistes français capturés en Irak et Syrie ? Amine Elbahi n’a plus de nouvelles de sa sœur depuis un bref coup de téléphone en février. En août 2014, à 19 ans, elle avait quitté sa famille de Roubaix, dans le Nord, pour se rendre en Syrie et dans la région de Raqa, capitale du groupe Etat islamique (EI).

« Elevés sous les bombardements »

Aujourd’hui, la jeune Roubaisienne est veuve d’un combattant français de l’EI et elle a deux enfants de 1 et 2 ans « élevés sous les bombardements », raconte son frère à l’AFP. Raqa est tombée il y a deux semaines, reprise à l’EI par l’alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS), qui a depuis arrêté nombre de familles, dont des françaises, liées à l’EI.

Amine, qui pense sa sœur et ses neveux aux mains des FDS, a écrit, vendredi, au président Macron pour lui demander de « permettre aux mineurs et aux femmes avec enfants (français) de rentrer en France ».

Absence de dispositif de rapatriement

Quelques jours plus tôt, une vingtaine de « parents, grands parents et proches des jeunes filles partis en Syrie ou en Irak » avaient, eux aussi, envoyé une lettre en ce sens à Emmanuel Macron et à ses ministres.

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Ils y dénoncent l’absence de dispositif prévu pour le rapatriement de ces Françaises et de leurs enfants, « dont la moitié seraient âgés de moins de six ans », et soulignent que rien n’empêche la France de juger ces femmes sur son sol si elle le veut.

En fait, le sort des Français arrêtés dans les zones de conflits dépend du pays, a précisé, mardi, la ministre des Armées, Florence Parly. S’ils se trouvent en Irak, les adultes peuvent être jugés sur place, et le sort des enfants « est étudié au cas par cas ».

La situation est moins claire pour la Syrie, où « si des ressortissants français [y] sont entre les mains de différentes autorités, un signalement est fait auprès du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) », a expliqué Florence Parly.

Environ 1.700 Français partis rejoindre le djihad

Selon le gouvernement français, environ 1.700 Français sont partis rejoindre les zones djihadistes irako-syriennes depuis 2014. Sur ce total, 278 sont morts - chiffre qu’il admet lui-même sous-évalué - et 302 sont revenus en France à ce jour. Les autres ont été capturés en Syrie ou Irak, peut-être tués dans les combats ou ont fui vers les derniers territoires tenus par l’EI ou d’autres foyers djihadistes, en Libye, notamment.

A Roubaix, Amine Elbahi continuera à lutter pour que sa sœur et ses neveux reviennent un jour en France. Car il en est sûr, « si on interdit à tous ces Français, notamment les enfants, de revenir sur leur territoire, on risque à terme de créer de nouvelles tensions et une nouvelle génération de djihadistes ».