Le numéro «anti-relou» désactivé après une campagne de haine

HARCELEMENT Les deux militants féministes à l'origine de ce numéro vont « tenter de réactiver un service similaire dès que possible »...

20 Minutes avec AFP

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Une femme dans les rues de Paris
Une femme dans les rues de Paris — LIONEL BONAVENTURE / AFP

Le numéro de portable « anti-relou » n'aura tenu que trois jours. Destiné à décourager les auteurs de harcèlement, le numéro a été fermé pour avoir été l’objet d’une violente campagne d’hostilité, ont annoncé mardi les deux militants féministes qui l’avaient créé.

Après « une attaque coordonnée contre le service » et « une campagne de harcèlement contre nos personnes », marquées par « plusieurs dizaines de messages de haine, et notamment des menaces de mort » publiées sur Twitter et d’autres plateformes, Clara Gonzales et Elliot Lepers ont coupé lundi soir la ligne téléphonique, ont-ils annoncé dans un communiqué.

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« Si une femme dit non, inutile d’insister »

« Plus de 20.000 messages d’insultes » ont été envoyés à partir de 16h00 lundi, selon les deux militants féministes.

Ils avaient lancé vendredi soir ce numéro de portable. L’idée, inspirée d’une initiative américaine, était de donner ce numéro aux dragueurs trop insistants pour se débarrasser d’eux. S’ils le contactaient ensuite par SMS, ils recevaient en retour en message leur signifiant « si une femme dit non, inutile d’insister ».

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Le service a reçu pendant ses trois jours de fonctionnement « 30.000 sms », a indiqué Clara Gonzales à l’AFP, qui, avec son partenaire, avait lancé pendant le week-end un appel aux dons pour les aider à financer l’opération.

Mettre fin à l’impunité du cyber-harcèlement

Les militants ont annoncé qu’ils entreprenaient les démarches juridiques pour que les responsables de la campagne à leur encontre soient poursuivis.

« A ce jour, ni Twitter, interpellé à propos de menaces de mort, ni Webedia, société éditrice du site jeuxvideo.com sur lequel les délinquants se sont coordonnés, n’ont réagi », disent-ils. Ils souhaitent que l’initiative « contribue à mettre fin à l’impunité du cyber-harcèlement ».

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« Il ne s’agit de rien d’autre qu’une police politique de la pensée qui utilise l’intimidation, l’incitation à la haine et la violence pour réduire les féministes au silence », disent-ils. Ils annoncent qu’ils vont « tenter de réactiver un service similaire dès que possible ».