Inégalités femmes-hommes: Mesdames, vous pouvez apprendre à mieux négocier votre salaire!

NEGOCIATION A Nantes, l'école de commerce Audencia organise des formations pour aider les femmes à mieux négocier leur salaire...

Julie Urbach

— 

Illustration Bulletin de salaire. Epluchage de fiche de paye. paie. Calculatrice.
Illustration Bulletin de salaire. Epluchage de fiche de paye. paie. Calculatrice. — laire
  • En France, tous postes confondus, les femmes gagnent en moyenne 25 % de moins que les hommes.
  • Une problèmatique à laquelle a décidé de s'attaquer l'école de commerce Audencia à Nantes, qui propose aux femmes des formations pour mieux négocier.

Alors qu'on parle de plus en plus des inégalités salariales entre les hommes et les femmes, la question est encore davantage d'actualité ce jeudi alors que l'on célèbre la journée internationale des droits des femmes.

Pour tenter de remédier au phénomène, l’école de commerce Audencia Business School à Nantes a lancé, depuis la rentrée, des ateliers gratuits de « Négo training » (3 heures) à destination des femmes cadres. Un millier de participantes seront formées d’ici la fin de l'année, 5.000 d’ici à 2020. Une session est d'ailleurs donnée ce jeudi après-midi (complet). Voici quelques conseils qui y sont donnés.

Prendre conscience de la situation

Avant de se lancer, il est important de prendre conscience de la situation, assurent les responsables de la formation. Par exemple avec cette récente étude de l’Insee, qui nous apprend que les femmes ont été payées 26 % de moins que les hommes en 2013, dans la région Pays de la Loire. Un écart qui ne prend cependant pas en compte le temps de travail et le type de poste. « La différence est moins importante [13 %] à comparaison égale, indique Anne-Laure Guihéneuf, responsable de la chaire RSE à Audencia Nantes. Ce qui veut dire que les femmes sont discriminées sur le salaire mais aussi à plein d’autres titres ! »

>> A lire aussi : «Une femme qui négocie son salaire est vue comme une opportuniste»

« Réduire les inégalités salariales, c’est une question de justice sociale mais aussi d’efficacité économique, justifie André Sobzack, directeur de la chaire. Les femmes qui ne sont pas récompensées financièrement vont se décourager, voire quitter leur entreprise »

Oser demander

Maintenant, passons à l’action. « Le grand hic, c’est que les femmes ont tendance à sous estimer leur valeur, et donc elles n’osent pas demander, constate Christine Naschberger, maître de conférences. Beaucoup d’études ont été faites à ce sujet. »

« Pendant longtemps, j’ai attendu que mon patron se rende compte de mes résultats, témoigne Christine, 49 ans, qui travaille dans le marketing à Nantes. Je n’ai jamais demandé d’augmentation, alors que je sais très bien négocier, quand il ne s’agit pas de parler de mon cas personnel. Je me sens désormais mieux armée pour le faire. »

Se préparer avant de négocier

Une grande partie de la formation est consacrée au listing de ses points forts et de sa valeur ajoutée. Un inventaire qui permettrait de retarder le moment de la négociation, et de mettre les chances de votre côté. « L’objectif est que le recruteur ait le temps d’apprécier tous vos atouts », indique Sandrine Charpentier, entrepreneuse et présidente de l’association Femmes du digital.

Elle conseille aussi d’effectuer des recherches sur des sites d’emploi afin d’évaluer son salaire, et de se fixer un « point de résistance ». « Il est aussi important d’identifier les autres éléments de rémunération qui comptent pour vous, comme une prime, ou d’autres avantages matériels. »

>> A lire aussi : Combien gagnent les Français? L’Insee lève le voile sur les salaires du privé

Des astuces pour parler d’argent

Plusieurs conseils sont enfin données pour parler « gros sous ». « N’hésitez pas à pratiquer l’évitement, ou retourner la question », conseille Sandrine Charpentier. A la phrase « combien voulez-vous ? », la formatrice suggère par exemple de répondre par « combien offrez-vous ? ». Il est conseillé de parler de fourchette (15-20 %) plutôt que de salaire fixe, trop rigide.

Des clés sont enfin données pour déjouer les réponses négatives. « Si on vous répond qu’il n’y a pas de budget actuellement, vous pouvez proposer une solution alternative, ou de rediscuter de votre augmentation dans trois mois », suggère Sandrine Charpentier. « On vous répond que vous avez déjà eu une prime ? Expliquez que c’était pour un élément précis, alors que l’augmentation permet de reconnaître votre valeur d’une façon plus générale. »